Un dernier avant la fin, la Route du Rock hiver 2020

Un dernier avant la fin, la Route du Rock hiver 2020

Elle était bien chouette cette route du rock hiver 2020, toujours à Saint-Malo, toujours dans cette belle salle de la Nouvelle Vague. Et cela malgré la défection d’un de mes groupes préférés, Sebadoh. Lou Barlow et ses potes ont du avoir peur de voir leurs dates s’annuler au fur et à mesure que le Corona Virus avançait en Europe. Tant pis pour moi et pour les autres, c’est triste mais comme ça. C’était aussi sans doute le dernier festival voir concert avant la fermeture des salles et bars pour cause toujours de virus.

Mais faisons fi de ces désagréments, pour plutôt se raconter ce qui s’est passé le vendredi soir et aussi le samedi.

Je n’arrive pas assez tôt pour voir et découvrir le premier groupe Egyptian Blue. Du post rock semble t’il et de bonne facture me dit t’on. Et en effet pour les avoir réécouté sur disque ce n’est pas mal du tout, un petit air de Gang Of 4 mais en plus jeune. A réécouter ou à revoir plus tard.

Kit Sebastian.

Par contre autant le premier groupe avait l’air bien, autant celui qui monte sur scène quand j’arrive dans la salle ne me tente que peu. En effet sur le papier ça ressemble fortement à un truc qui semblerait devenir un peu à la mode. Les Kit Sebastian donnent dans le psyché un peu turkisan à l’instar de leur sans doute mentors les Altin Gun. Eux ne sont pas néerlandais mais français vivant à Londres. Et eux aussi ont semble t’il cet amour du rock psyché turc des années 70. Ils sont jeunes et visiblement un peu stressés de jouer sur scène. Mais en dehors de cela ce n’est pas mauvais, ça joue même plutôt bien, mais autant j’avais limite apprécié les Altin gun une fois, la deuxième m’avait franchement emmerdé et là c’est trop pour moi. Je n’aime définitivement pas le genre. Mais s’ils continuent et progressent un peu sur scène, ils risquent d’y trouver leur place, mais je ne serais pas devant.

BEAK>

Et puis tout à coup, Billy Fuller s’installe sur une chaise, Geoff Barrow prend place à la batterie et Will Young aux claviers. BEAK> est aux commandes, et ça va bien voir très bien se passer. Un début un peu calme, tendu, mais tout en répétition. Puis ça monte, entre les blagues de Billy Fuller, et celle de Geoff Barrow, le son se durcit, ça prend de l’ampleur, ça commence à sonner fort et ça finira très fort et très bien sur une espèce de déluge sonore tout en restant dans leur style entre krautrock et de post punk mâtiné d’un brin de post rock par moment. Un grand moment de cette route du rock nous a été livré par le trio anglais.

Squid.

Et ce n’est pas facile de passer derrière BEAK> mais c’est SQUID qui s’y colle et ça le fait bien. Le début est à la limite du jazz, le chanteur/batteur Ollie Judge est en devant de scène debout et joue avec ses cymbales et avec le public. Puis ça se met en place, batterie toujours en front de scène au centre, elle monopolise toute l’attention. Mais ce n’est plus jazzy comme au départ c’est déroutant. Par moment on croirait entendre David Byrne et ses Talking Heads avec un goût de post punk, et un peu aussi de kraurock. Une belle inventivité tout au long du set. Des musiciens qui s’en donnent à cœur joie et qui sont loin d’être manchots. Un groupe à suivre pour sur !

Nova Materia

La soirée se finira par le duo indus/dance/electro NOVA MATERIA composé de Caroline Chaspoul et Eduardo Henriquez. Je ne trainerai pas devant, je ne suis pas client de ce que j’ai devant les yeux, beaucoup trop de percussions, Cà ne me plait que moyennement. Mais ils arrivent à faire bouger un public qui n’en demandait pas tant.

Samedi Soir.

The Proper Ornaments.

Le groupe Sebadoh n’étant pas venu, il est remplacé au pied levé par The Proper Ornaments. Groupe français dont je n’avais jamais entendu parler, et c’est bien dommage. Car c’est par leurs belles mélodies pop/rock que la soirée du samedi. Le quatuor n’est pas très communiquant sur scène, pas de blabla entre deux morceaux, peu de regard vers le public, et encore moins de sourires. Mais tant pis, on n’est pas là pour se faire des câlins mais pour écouter et voir des groupes nous jouer de la bonne musique. Et pour le coup Proper Ornaments le fait plus que bien, avec des moments qui rappellent un peu le Velvet Underground, c’est en tous cas de très haute volée. Je vais jeter une oreille sur le ou les albums sortis.

Working Men’s Club.

Un petit break avant une grosse claque, car c’est le groupe de Manchester Working Men Club qui succède. C’est peut être un poncif mais Manchester arrive encore à nous fournir des groupes qui donnent envie de danser et pas en faisant du disco. Non, ici c’est plutôt du coté de New Order qui se serait acoquiné avec Laibach et qui aurait piqué des riffs aux Buzzcocks. Bref c’est plutôt post punk, mais à la sauce LCD Soundsystem. Une grosse ligne de basse, un chant clamé par un mec qui passe un bon bout de son temps dans le public ou en fosse. C’est pas mal, c’est entrainant, c’est du spectacle, mais comme souvent pour ce genre de groupe, ça s’émousse très vite, et au bout d’un moment ça tourne en rond. C’est dommage.

The Wants.

On continue avec les américains new yorkais de The Wants. Composé d’une moitié de Bodega, qui étaient sur cette même scène l’année dernière. A savoir le chanteur-guitariste contorsionniste Madison Velding-VanDam et la bassiste Heather Elle, accompagnés d’un batteur. Si l’on fait fi des simagrées et des gesticulations du chanteur, musicalement c’est très bon, ça balance entre un Gang Of Four et un Talking Heads mais à la sauce 2020. C’est bien, l’album vient de sortir, et il est plutôt bon.

Life.

Puis c’est l’heure de la bousculade pseudo punk. Life monte sur scène, le groupe anglais monte sur scène avec l’envie d’en découdre. Ils en font des caisses, comme tous ces groupes qui sautent partout, gueulent comme des punks, et s’énervent sur leurs instruments. Cela me rappelle ce qui fait les beaux jours des festivals ces derniers temps, les Idles, ou autre Shame. Ces groupes qui semblent en vouloir à la terre entière et qui au bout de 4/5 morceaux se disent que la terre c’est grand, et qui se calment ou tournent en rond. Sans doute est ce parce que ce n’est pas facile d’écrire des bons morceaux, la composition est essentielle pour un groupe, on peut avoir de l’énergie sur scène mais pas assez de bons morceaux pour tenir sur le temps. Sinon oui ça envoie, ça bataille, sur la scène, mais encore une fois ça manque d’un truc.

Beak>

Encore une très belle édition de la Route Du Rock hiver, malgré la déception de ne pas voir ou revoir Sebadoh, les remplaçants étaient plus que bons et le reste à la hauteur. De très bonnes choses encore une fois, d’autres que j’ai moins aimé, normal. Et aussi un grand merci aux Magnetic Friends pour leurs sélections de petites pépites pour caler les moments de flottement entre deux groupes.
Un grand merci à Titouan qui m’a bien dépanné avec ses piles en plein concert de BEAK>, sans lui la soirée s’arrêtait tôt.

Les photos ont été réalisées avec un Nikon F100 sur de la tmax 400 poussée à 3200 isos, et développée maison.

By | 2020-04-14T12:23:42+00:00 avril 13th, 2020|Concerts|0 commentaires

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