This Is Not A Love Song : 3 jours de décibels caniculaires

This Is Not A Love Song : 3 jours de décibels caniculaires

Pas besoin de tourner autour du pot, l’édition 2017 du festival This Is Not A Love Song (abrégé TINALS parce que c’est comme ça qu’on le dit) a rempli ses promesses. Il commence à faire partie de ces événements où tu prends ton billet avant même de connaître la programmation.

L’affiche de cette année semblait moins flamboyante qu’en 2016 où on croisait Air, Foals, Dinosaur Jr et Battles, mais le festival a réussi à mixer valeurs sûres (Thee Oh Sees, Growlers, Black Angels) et étoiles montantes (Alex Cameron, HMLTD, Andy Shauf)  tout en y injectant quelques rasades d’anciennes gloires fédératrices (Primal Scream, Echo & the Bunnymen, Teenage Fanclub). Nouveauté cette année : la scène Club (pour les concerts plus intimes) a été remplacée par une love room (avec piste de danse, projections de films…) et l’extérieur accueille une troisième scène (nommée Bamboo). Si on fait le compte : on a trois scènes extérieures (la grande Flamingo, la moyenne Bamboo et la petite Mosquito) et deux scènes intérieures (la Grande Salle avec son balcon et le petit Patio). Mais assez parlé, entrons dans le vif du sujet !

 

 

Le vendredi soir permet de se frotter à plusieurs ambiances différentes : la folk élégante d’Andy Shauf, le rock psychédélique des Growlers ou l’électro rafraîchissante de Moderat. Pour le début de soirée, les girls band sont à l’honneur pour le meilleur (Yassassin) ou pour le pire (The Coathangers, aussi ennuyeuses qu’aux Nuits Sonores l’an dernier). Ensuite, on enchaîne les bonnes surprises : la pop suave d’Alex Cameron (malgré une scène trop grande et trop haute), le show démentiel de The Make Up et la puissance sonore de Flying Lotus qui feront oublier le set un peu tiède de The Growlers.

 

Après la mise en bouche du vendredi soir, la soirée du samedi fait la part belle aux têtes d’affiche, notamment la grande scène qui voit se succéder Echo & the Bunnymen, Jake Bugg, Primal Scream et Thee Oh Sees. Mais il faut faire don d’ubiquité pour ne pas rater ce qu’ils se passe sur les 4 scènes du festival.

Parmi les temps forts que j’ai vécus pendant cette deuxième journée du TINALS : le show survolté de Johnny Mafia sous un soleil de plomb, l’envolée de requins gonflables pendant le set de Requin Chagrin, la grande forme de Primal Scream, les deux claques consécutives mises par Show Me The Body et par HMLTD avant de se prendre le KO final par Thee Oh Sees dont le son énorme a dû empêcher de dormir tous les flamands roses de la Camargue.

 

Après une nuit reposante, j’attaque la dernière journée du TINALS avec Frank Carter & The Rattlesnakes qui, comme à son habitude, se livre à du stage diving, chante en étant porté par le public… L’animal anglais assure le show avec un malin plaisir ! Puis ce sera au tour de Laura Sauvage de charmer mes oreilles et au duo Slaves dont le spectacle, très énergique au début, me lasse malheureusement au bout de quelques chansons. Du coup, changement de scène pour aller grignoter quelques beats bien sentis de Mick Jenkins avant de s’enfermer dans la grande salle pour le concert de Pond. Après une pause sandwich, direction la grande scène extérieure pour le grand show de la soirée : The Black Angels.  Le groupe texan arrive à poser l’ambiance en quelques notes et déroule son set sans aucun temps mort.

Pendant que la scène principale se pare de vapeurs psychédéliques, le son semble plus brutal sur la scène Bamboo. Malheureusement, même en mettant la saturation à fond, Baroness peine à imposer son métal déjà-écouté et reste, à mon sens, la seule véritable erreur de casting de cette édition du TINALS.

Du coup, pour rattraper ce coup de mou, Royal Trux offre un set foutraque à souhait. La chanteuse, dont l’esprit est parti dans d’autres sphères, sort de scène, se plaint, ramène de la bière, se plaint, perd sa bière, ressort de la scène, se plaint, retrouve sa bière, tout en laissant au reste du groupe le soin d’assurer le spectacle.

Pour le dernier concert en extérieur, la grande scène s’offre le hip hop survolté de Death Grips. Le flow est saturé, les nappes de clavier stridentes, la rythmique lourde. Place au chaos, le trio joue comme si c’était la fin du monde et emporte le public dans sa transe. Pour calmer les esprits, direction la grande salle pour découvrir la nouvelle sensation australienne : King Gizzard & the Lizard Wizard. Ils sont au moins sept sur scène pour mettre en place des motifs sonores multicolores, tour à tour garage, psychédélique, avec des petits détours par le rock progressif. La 12 cordes est de sortie, la pédale wah wah est calée sous la tatane, la messe du magicien lézard hypnotise le public qui se laisse transporter une dernière fois avant de quitter les lieux un sourire béat scotché sur le visage.

 

Mes moments moins top du TINALS 2017 :

  • La disparition du merveilleux food truck grec de l’an dernier
  • Avoir manqué les concerts de Danny Brown, Norma, Rocky et un bout de Show Me The Body (mais je ne pouvais pas être partout)
  • La nouvelle scène Bamboo, trop haute, trop grande, trop fermée empêchant une vraie complicité avec le public

Mes moments top du TINALS 2017 :

  • La programmation qui parvient à allier éclectisme et cohérence
  • Les conditions visuelles et sonores toujours excellentes
  • Le fait d’avoir mis une nouvelle scène extérieure (le plein air c’est quand même merveilleux)
  • Les concerts de The Make Up, HMLTD, Royal Trux et Death Grips

 

Instant technique : les photos ont été prises avec un Hasselblad 500CM (80 mm) et un Nikon F100 (35, 85 et 105 mm) sur divers films (Delta 100 et 400, FP4+, HP5+ et Portra 400) à diverses sensibilités (100, 400, 800, 1600 et 3200 ISO) développés dans du LC 29 (en 1+9 pour les films poussés et 1+29 pour le reste). 

By | 2017-06-28T08:02:53+00:00 juin 27th, 2017|Concerts|0 commentaires

About the Author:

Charles, 37 ans, basé à Lyon. Plutôt argentique, plutôt rock, plutôt bière. http://www.charlesfaitdelaphoto.com/

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