Les Suds à Arles en portraits

Par Olivier Hoffschir

Les Suds à Arles en portraits

Pour la deuxième année, je remets les pieds en terre arlésienne pour Les Suds, festival de musiques que l’on range dans la case dites « du monde ». Les limites du monde étant philosophiquement difficiles à définir, ainsi il en est de la programmation. D’un côté on a la pure tradition avec Danyèl Waro et son maloya de la réunion ou encore La Macanita et son flamenco originel. Puis on commence le métissage avec Anouar Brahem qui mélange la virtuosité du Oud avec le jazz, ou encore Ballaké Sissoko et Vincent Segal qui réussissent l’exploit de créer un nouveau répertoire basé sur les sonorités mandingues de l’Afrique de l’Ouest et la musique de chambre européenne. Mais tout ça, c’est plus pour vous parler du dernier stade, de celui qui ne connait plus de frontières ou de limites. Celui où l’on puise volontiers dans un patrimoine traditionnel, tout en regardant vers l’avenir, au-delà des frontières.

Pendant le festival, je réalise des live sessions pour Mediapart, c’est aussi l’occasion de profiter de ces quelques minutes en tête à tête avec les artistes pour réaliser des portraits (en 2min max, soit le temps d’exposer 4 vues à tout casser). J’ai eu la chance de pouvoir tourner et shooter trois groupes qui appartiennent à cette catégorie.

Pachibaba

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Premier groupe tournée pendant ce festival et pour cause de pluie ça se fera dans un local de stockage de percussion. Pour la même raison, le portrait se fera sur de la TriX, la lumière n’étant vraiment pas glam ce jour-là.

Pachibaba, c’est l’ovni ultime, la rencontre improbable du maloya de la réunion (avec une partie du groupe Lindigo), de l’accordéoniste Fixi (mon adolescence bercée au rap musette de Java…) et Cyril Atef, percussionniste improbable qui ne tape pas sur des bambous (quoi que…) mais sur des bonbonnes d’eau et à peu près tout ce qui ne bouge pas (croisé dans Bumcello et congopunQ).

Blick Bassy

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On change de registre avec Blick Bassy. Cette fois, on garde du Cameroun une langue, une culture ancestrale, mais dans la musique, on oscille en blues, folk et un petit fond de country, le tout posé avec une infinie douceur.

On prévoit de tourner la session sur la promenade des moines, dans le cloître de St-Trophime, avec une vue magnifique sur les toits d’Arles. Le mistral en décidera autrement, les micros ne supportent pas, nous redescendons dans la cour du cloître devant quelques badauds intrigués. La session finit, on se dépêche de faire le portrait, Blick Bassy joue sur scène dans 30 minutes.

Bachar Mar-Khalifé

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Mon climax perso du festival, un des artistes qui m’a le plus touché ces trois dernières années. Une musique aux couleurs arabes, libanaises, mais sans frontières dans la forme. Une musique universelle qui regarde vers l’avenir.

Sans trop y croire, on demande à tourner une session, Bachar joue du piano, c’est toujours une tannée à trouver. À notre grande surprise, il accepte, ne reste plus qu’à trouver un piano dispo dans Arles… et un piano qui soit accordé ! Ce deuxième point réduira rapidement le choix, on se retrouve dans le décor aseptisé de l’école de musique communale. Qu’importe, on tournera la session en plan serré après avoir vidé la salle de tout son équipement en dehors du piano. Après 4 min terriblement intenses, on ressort de la pièce encore un peu chamboulée. Reste à faire un portrait. Autant en vidéo, je devais me contenter du décor à dispo, autant pour la photo j’espérais trouver un poil mieux. Encore une fois le temps presse, il faut trouver un spot. À ma gauche, l’école de musique au pied d’un vieil immeuble des années 80, à ma droite, la maison de retraite Jeanne Calmant (pas glam), droit devant moi, un parking (pas glam du tout). Au fond du parking, un mur graffé avec des couleurs pêchues. On est à l’extrême opposé de la musique de l’artiste, on jouera donc sur le contraste. 4 photos plus tard, c’est plié.

Des merci

Merci aux Suds à Arles pour leur accueil toujours formidable, et particulièrement à Marie qui à rendu ces live sessions et donc ces portraits possibles. Merci aussi à Mediapart pour qui je couvrais le festival et particulièrement l’ami Thomas avec qui nous avons réalisé les vidéos et reportages.

De la technique

Toutes les photos ont été prises avec un Hasselblad 500C/M et son 80 mm standard, chargées avec de l’Ektar 100 pour la couleur et de la TriX pour la noir et blanc. Ce dernier est développé au Tmax dev en 1+9 et exposé à sa valeur nominale. La couleur est passée au labo.

By | 2016-11-16T09:13:31+00:00 juillet 31st, 2016|Portraits|0 commentaires

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