La route du rock accueillait, comme chaque hiver depuis 11 ans, quelques artistes dans cette chouette salle qu’est la Nouvelle Vague à Saint Malo. Il y avait aussi en guise d’apéritif deux concerts sur Rennes auxquels je n’ai pas pu assister.

Novella

Novella.

C’est vendredi, il est 20h15 et la soirée débute avec Novella, groupe originaire de Brighton et composé de 4 filles et un garçon, qui nous livre un mélange de rock et de pop assez tendu et qui puise pas mal dans les années 90. Certains morceaux m’ont fait penser à du Lush mélangé avec du Electrelane. En tous cas, c’est techniquement très bon et musicalement de même. C’est frais et même si on sent les influences, le groupe a réussi à les digérer et à en faire leur propre style. Très chouette concert, une très bonne entrée en matière.

La Priest-2

LA Priest.

LA Priest suit sur la scène, tout seul pour le coup et avec quelques claviers et une guitare, voici Sam Dust qui est l’ancien chanteur de Late of the Pier. Bon, niveau vestimentaire, ce n’est pas trop ça: une chemise qui brille ouverte avec un pantalon blanc, ça ressemble furieusement à un pyjama. Sinon, niveau musical, c’était pas mal, pas exceptionnel non plus mais plutôt sympa, à classer entre un Julian Casablancas et un truc plus électro.

Bon Voyage Organisation

Bon Voyage Organisation.

Ensuite viennent les premiers français de la soirée, Bon Voyage Organisation. Bon, comment dire ? Je pensais que ce genre groupe était réservé aux Transmusicales, noyé dans la programmation et les concerts au parc, ça passerait peut être inaperçu. Mais programmer ça un soir à la Route du Rock hiver, il fallait oser. Un mélange de funk blanc avec une fille qui chante ou crie, un chanteur au clavier, et toutes les voix sous vocodeur. Le vocodeur, vous savez ce truc étrange qui déforme électroniquement la voix, si si ce truc insupportable que Booba (le rappeur, pas l’ourson) utilise pour masquer le vide sidéral de ses textes. Et il y avait aussi d’autres musiciens sur scène, je ne vous ferais pas la liste et de toute façon ça coïncidait avec l’heure d’aller boire un verre, loin !

Flavien Berger-2

Flavien Berger.

 

Flavien Berger monte sur scène: un peu comme le second groupe, quelques claviers, des machines et un VOCODER ! Moi qui au début ne savait pas trop à quoi m’attendre, des copains trouvaient ça bien, d’autres détestaient, j’allais me faire une idée. Donc mauvais point pour commencer : le vocodeur. S’il n’y avait eu que ça je ne me serais peut être pas plaint, enfin si mais moins. Au début c’était pas mal, enfin correct, un type qui chante avec des sons qu’il bricole au fur et à mesure sur ses machines, comme La Priest en début de soirée. Mais ça vire vite au grand n’importe quoi, au bout d’un quart d’heure, le Flavien rit et pleure en même temps qu’il « chante », et si ce n’était pas assez de se retrouver dans le salon d’un mec qui fait des conneries pour faire marrer ses potes, il nous décrit ce qu’il fait. Je suis parti, loin encore.

Et comme ça n’en finissait pas de conneries sur scène avec F. Berger (serait-il le fils mal caché de Michel et France ?) et que Blank Mass allait commencer tard et que visuellement ça n’allait pas le faire en photo, je me suis rentré tranquillement.

 

Le samedi, retour à la Nouvelle Vague pour assister à la seconde soirée de cette édition. Ça commence avec de la pop écossaise sous le nom de C Duncan, pas mal, pas génial non plus, un truc pop/folk sans grand charisme, ni inventivité.

C. Duncan-1

C. Duncan.

Les Villagers arrivent et la salle commence à se remplir vraiment, je pense qu’il y a pas mal de monde à être venu pour les voir. J’avais écouté leur dernier album et j’avais un peu peur de me retrouver devant un type qui singerait Bob Dylan comme sur le disque. Et ben non, pas du tout, c’est sûr ils n’ont rien inventé, les américains balancent une espèce de folk/rock assez classieuse, la harpe, la contrebasse, la guitare folk, aident sans aucun doute. En fait c’est beau, presque trop, un poil lisse, mais c’est chouette, une belle découverte en concert.

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Villagers.

Changement de plateau et de décor du coup, on repart dans l’électrique, pas l’électro mais plutôt une sorte de mix entre postpunk et nowave. Hookworms, car tel est le nom du quintet, est anglais et originaire de Leeds. La musique est rageuse, forte, et sombre. C’est bien, vraiment, certains diront que la voix était insupportable, pourtant elle fait bien partie de l’originalité du groupe, éraillée, frondeuse. Cette voix que le chanteur veut préserver en ne buvant pas d’alcool, ne fumant pas de cigarette sur la tournée.

Hookworms-2-2

Hookworms.

Ancien guitariste de Stereolab, Tim Gane a formé Cavern Of Anti Matter. Ce groupe m’avait été conseillé par un ami photographe qui connait bien le batteur Joe Dilworth. Et je n’ai pas été déçu. Peut-être un peu long à mettre en oeuvre, le concert a commencé tout doux, avant de monter tranquillement et finir avec un bonne grosse claque ! Entre pop et psychédelisme, Cavern Of Antimatter se pose. Vraiment une bonne chose de la soirée, je vous conseille vivement le détour s’ils passent dans votre coin.

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Cavern Of Antimatter.

La dernière soirée de cette Route du rock hiver se finira avec Drame, nouveau projet de Rubin Steiner, du Krautrock que j’avais entendu sur les internets, et j’avais même trouvé ça plutôt bien en version studio. J’avais presque hâte de les voir sur scène. Et ben, j’ai été un poil déçu, peut-être que dans un style différent mais qui se ressemble un peu tout de même. Cavern Of Antimatter avait placé la barre assez haut. Rubin Steiner et ses acolytes ne sont pas arrivés à me faire oublier le concert précédent. Peut-être que j’en attendais trop, je ne sais pas, mais je suis parti avant la fin, je m’ennuyais. Un truc un peu classique, avec plein de bonnes idées mais que je n’ai pas trouvé en place. Je me dis que j’aimerais les revoir, peut être pas en festival mais plutôt sur un concert normal où je prendrais sans doute plus le temps de les écouter. Je ne dis pas que ce n’est pas bon, loin de là, mais je n’ai pas accroché.

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Drame.

Un grand merci à La Route Du Rock, aux artistes, et à l’organisation de cette chouette salle qu’est la Nouvelle Vague. Toutes les photos ont été prises avec un nikon F100 sur de la kodak tmax 400 poussée à 3200 isos et développée dans du révélateur Tmax dans ma cuisine.