Le punk a 40 ans ! – Know The Future Festival – Vienne (23/07/2016)

Par Charles PIETRI

Le punk a 40 ans ! – Know The Future Festival – Vienne (23/07/2016)

Cette année, on dit partout que le mouvement punk fête ses 40 ans. Enfin, pas vraiment le mouvement punk qui est né une paire d’années avant. Ce n’est pas non plus exactement l’anniversaire de la musique punk puisque les Sex Pistols étaient déjà actifs en 1975 et les Ramones en 1974. On peut plutôt dire qu’il s’agit des 40 ans de la première vague de formations punks anglaises, dont The Clash, The Damned, Buzzcocks, The Slits… Bref, à cette époque, du beau monde envahit les scènes à peu près en même temps.

Comme tout anniversaire est toujours bon à fêter, certains ont décidé de célébrer les 40 ans de l’année 1976 à coup de festival. Pendant que vous regardiez les docus diffusés par Arte pour l’occasion, d’autres se sont dits que ce serait un été parfait pour ressortir sa crête. En plein milieu de la chaleur estivale, le théâtre antique de Vienne est passé du jazz au punk à quelques jours d’intervalles.

Pour ce qui est de l’affiche, le festival « Know the Future » s’est procuré les services de 5 groupes anglais alignant à peu près 40 ans au compteur, d’un groupe local chargé d’ouvrir les hostilités et d’Henry Padovani en guise de parrain.

 

Deadly Toys

Pour cause d’embouteillages lyonnais, j’ai malheureusement raté la prestation des régionaux de l’étape.

 

The Boys

Peut-on encore chanter « First Time », chanson dédiée à la perte de sa virginité quand on a plus de 60 ans ? The Boys répond oui, de façon assez sympathique et efficace. C’est un peu brinquebalant par moment mais on s’en fout.

Fait punk : The Boys ont publié des disques de chants de Noël sous le nom The Yobs aux pochettes particulièrement festives.

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The Vibrators

C’est au tour des Vibrators d’investir la scène. Non contents d’avoir l’un des noms les plus génialement stupides de l’histoire du rock, leurs titres rivalisent d’inventivité : « Yeah, Yeah, Yeah », « Baby Baby », « Flash, Flash, Flash », « Punish me with kisses », etc. La discographie vaut d’y jeter un œil et une oreille, la formation 2016 du groupe aussi avec Peter Honkamaki à la basse.

Fait punk : Certains de leurs titres ont connu un peu de succès mais bizarrement, c’est leur ballade « Baby, baby » qui reste leur morceau le plus populaire. La chanson a notamment été reprise par REM pour leur single de Noël 1991.

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Ruts DC

On passe de la gaudriole des vibromasseurs au punk plus politisé de The Ruts (rebaptisés Ruts DC depuis la mort de leur chanteur en 1980). Pas de tatouages ou de cuir ici, mais des costumes, des bretelles et des chapeaux, on est dans le clan des punks élégants. Côté son, les titres « Babylon’s Burning », « Jah War » ou « In A Rut » enfoncent toujours bien le clou.

Fait punk : Ils ont bien vieilli.

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UK Subs

Charlie Harper, 72 ans au compteur, fait tourner les UK Subs depuis 1976 sans aucun temps mort (200 à 250 dates par an). Le gars titube, tousse tout ce qu’il peut entre chaque morceau, mais assure le chant sans sourciller, tout en s’excusant d’avoir pris froid. Ça joue vite, en place, les tubes s’enchaînent (« Warhead », « New York State Police », « Down on the farm »…) comme si le moindre silence pouvait faire écrouler la bête.

Fait punk : Les UK Subs ont sorti 26 albums en 40 ans, leurs titres respectant l’ordre alphabétique. Le premier album, paru en 1979, s’appelle « Another Kind of Blues » et le dernier, sorti cette année, s’intitule « Ziezo ». La boucle est bouclée.

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The Damned

Tête d’affiche du festival, The Damned reste le groupe le plus surprenant de la programmation. Ceux qui s’attendaient à des « New Rose » et autres « Neat, Neat, Neat » à 200 km/heure déchantent rapidement. Dave Vanian prend de plus en plus des allures de vampire d’opérette, la musique du groupe est au mieux sautillante, au pire totalement plate. La déception est palpable, quelques voix se plaignent du côté des pissotières : « Cette blague, on dirait du hard FM avec un chanteur qui se prend pour Sinatra. »

Fait punk : Captain Sensible, bassiste puis guitariste du groupe, s’est offert un petite parenthèse solo au début des années 80, le temps d’enregistrer « Wot » et « Jet Boy Jet Girl », la version anglaise de « Ça plane pour moi », dont je vous laisse découvrir les paroles.

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On a donc eu du punk un peu graveleux, du punk politisé, du punk speedé ou encore du simili-punk de série B. On a eu les bonnes surprises (Ruts DC), les moins bonnes (The Damned) mais de façon générale, les gars en ont encore sous le capot. De quoi donner tord à la chanson punk « Live fast, die young » qu’il faudrait réadapter en « Play fast, stay young ».

 

Instant technique : les photos ont été réalisées avec un Nikon F100 (85 et 105 mm), un Bronica S2A (135 mm) sur film HP5+ d’Ilford à 1600 ISO développée à la maison dans du LC29.

By | 2016-11-16T09:13:32+00:00 juillet 23rd, 2016|Concerts|0 commentaires

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Charles, 37 ans, basé à Lyon. Plutôt argentique, plutôt rock, plutôt bière. http://www.charlesfaitdelaphoto.com/

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