Le Motocultor de l’Amour – Jour 3 (Dimanche 21/08/2016)

par Florian DENIS

Le Motocultor de l’Amour – Jour 3 (Dimanche 21/08/2016)

(si le texte vous les brise et que vous voulez passer directement aux photos, cliquez ici)

RAPPEL : pour contrecarrer l’excès d’agressivité de la programmation, nos trois articles sont parsemés aléatoirement d’images de festivaliers en train de se faire des câlins et des bisous. C’est ça, le Motocultor de l’Amour.

Avant de commencer notre report, un petit aparté. J’ai l’immense honneur de vous présenter ici en exclusivité une invention qui va révolutionner le petit monde du metal : le Cœur Metal ! Parfaite alliance du metal et de l’amour, ce nouveau signe additionne les traditionnelles « devil horns » avec le non moins traditionnel « cœur avec les doigts », pour former un signe de ralliement complet et cohérent. Mais puisqu’une bonne image vaut mieux qu’un long discours, voici un schéma explicatif :

Inventé par le génial Manu Wino lors du Motocultor de l’Amour, nous espérons sincèrement voir le Coeur Metal se répandre dans tous les concerts et festivals, ainsi que dans tous vos échanges et débats sur internet. A vous de jouer ! Mais pour le moment, place au report.

Le taux d’épuisement dépasse le seuil légal autorisé durant ce troisième jour de festival. Après un samedi complètement dingue, il était totalement impossible de faire aussi bien mais le dimanche promettait tout de même de belles choses, surtout avec Ministry en guise de final.

Fort heureusement, je suis arrivé un poil trop tard pour photographier les joyeux trublions de Poésie Zéro. Je dis « fort heureusement », car j’avais vraiment pas envie de gâcher de la pellicule pour eux. Ça leur ferait trop plaisir à ces connards. Du coup, j’ai pas envie de raconter leur concert non plus. A la place, je mets une vidéo pour que vous voyiez à quel point c’était à chier.

La journée commence donc réellement avec BigSure, qui livre un « stoner » très psyché et plutôt surprenant. Le groupe adopte un son assez propre avec les compos sont longues et complexes aux fortes influences space/post/prog-rock 70’s. La voix du chanteur, claire et puissante, vient parfaire le tout. Bref c’est cool mais pas de quoi chier des briques non plus, sauf éventuellement sous LSD (mais ça peut causer des dérèglements gastriques et intestinaux, alors attention avec vos briques).
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BigSure

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BigSure

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Double massage

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Non, faire de la musique violente et avoir un jeu de scène énergique n’est pas un prétexte pour se comporter comme un sac à merde, surtout quand on passe son temps à balancer des conneries sur le respect. Oui, petit chanteur de Leng Tch’e, tendre ton micro à des mecs dans le public pour les faire gueuler c’est fun. Mais forcer une fille qui t’as dit non à plusieurs reprises en lui agrippant la tête pour la coller de force au micro pendant que tu hurles dedans, ça ne l’est pas. C’est de la domination, c’est une agression, et ça ne devrait jamais arriver dans un lieu où on est sensé s’amuser, ni dans aucun autre lieu d’ailleurs. Et en plus, t’as le culot de poster les photos de ça sur ton facebook, à la cool. Le tout devant un mec de la sécu qui n’a pas bougé ; c’est quand même dommage de constater qu’ils sont là pour protéger les artistes contre le public, ou le public contre lui-même, mais pas le public contre les artistes. En tout cas, va bien te faire foutre, petit chanteur de Leng Tch’e.

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Leng Tch’e = domination à la cool

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Leng Tch’e = virilisme débile

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Leng Tch’e = violence sur son public OKLM

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Les câlins, une activité infiniment plus intéressante qu’un concert de Leng Tch’e

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Pour se calmer, il fallait au moins le stoner doomisant psyche de StonebirdsLe gros défaut des styles aussi codifiés que le stoner, c’est qu’il est très difficile de composer des morceaux accrocheurs, et que du coup de nombreux groupes se cantonnent à appliquer les codes sans se creuser la soupière plus que ça. Mais sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi, chez Stonebirds l’alchimie entre le son, les riffs et les mélodies vocales fonctionne à merveille et les morceaux restent collés dans la tête. Mention spéciale à leur ÉNNNÔÔÔÔRME son de basse qui remue les oreilles, son produit par une magnifique fretless 6 cordes que le très classieux bassiste s’évertue à tricoter sans relâche.

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Stonebirds

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Stonebirds

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Stonebirds

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Comme je l’ai dit 100 fois, j’aime pas le thrash, je trouve ça chiant et aussi ringard que le mot ringard. Lost Society, c’est donc un énième groupe de thrash chiant qui… OH BORDEL MAIS QU’EST CE QU’IL M’ARRIVE ? JE SUIS EN TRAIN DE REMUER LA TÊTE COMME UN CON ET JE PEUX PAS LE CONTRÔLER ! PIRE, JE CROIS QUE JE SUIS EN TRAIN D’AIMER ÇA… Bah ouais, Lost Society, ça a beau être du thrash rigolard et bas du front (même si les compos plus récentes sont plus complexes), ça fonctionne, parce que c’est joué par des petits merdeux pétés d’énergie, et que c’est maîtrisé et assumé à fond. Les grosses influences HxC qu’on sent ça et là n’y sont peut-être pas étrangères non plus… En tout cas, si ça n’a certainement pas été le meilleur concert du festival, ça a été pour moi la révélation la plus surprenante. J’ai même écouté (et aimé) les albums en rentrant, c’est dire.

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Lost Society

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Câlin

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Lost Society

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Lost Society

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Voilà, par exemple, Vektor font du thrash eux aussi et pourtant ça ne m’a absolument pas touché, au point que je n’ai pas le moindre souvenir du concert. Ça rentre par un trou, ça ressort par l’autre. Je parle des oreilles, mais ça marche aussi avec d’autres trous. Par contre ils étaient marrants visuellement, donc j’ai plein de photos.

 

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Vektor

 

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Vektor

 

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Vektor

 

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Vektor

 

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Vektor

 

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Vektor

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Fractal Universe est ENCORE un groupe de death prog technique français. Les programmateurs du Motocultor ont dû faire une analyse musico-socio-topographique et découvrir que Saint-Nolff rassemblait la plus grande concentration mondiale de fans de death prog, c’est la seule explication possible. Donc, au risque de me citer moi-même, « Putain comment j’en ai marre du death prog technique » (Florian DENIS, 2016, in « Le Motocultor de l’Amour – Jour 2« ).

 

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Fractal Universe

 

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Fractal Universe

 

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Câlin acrobatique

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Ça aurait pu être tellement bien de voir Secrets Of The Moon dans le noir au milieu de la programmation du samedi. Mais là, en plein soleil le dimanche avec la fatigue et la chaleur, et perdu au milieu d’autres groupes sans aucun rapport, le concert perdait énormément en intensité et en lourdeur, surtout que le son de la Supositor Stage manquait vraiment de puissance. Dommage, parce que c’est hyper bien sur album et ça a l’air vraiment sincère en live, mais impossible de rentrer dans le concert.

 

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Secrets Of The Moon

 

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Secrets Of The Moon

 

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Secrets Of The Moon

 

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Secrets Of The Moon

 

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Secrets Of The Moon

 

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Secrets Of The Moon

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N’étant pas spécialement sensible au hard-rock 70’s et au blues en général, je suis un peu passé à côté du concert de Graveyard, mais il faut reconnaître que les mecs ont une grande classeLeur musique est ultra énergique avec des morceaux bien ficelés, des montées et des ralentissements bien sentis, et la maîtrise instrumentale est certaine. Voilà, ça fait un peu « report générique de webzine » j’en conviens, mais c’est tout ce que ça m’inspire. Et puis oh, merde, ça va bien maintenant, c’est le troisième article sur le Motocultor de l’Amour que j’écris, j’en ai marre et je suis fatigué, j’ai bien le droit d’écrire des trucs génériques et convenus si je veux. ET JE VOUS EMMERDE.

 

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Graveyard

 

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Graveyard

 

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Graveyard

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Bongzilla en ont rien à branler. Ils sont là pour fumer de la beuh et jouer fort. Et du coup, c’est tout ce qu’ils ont fait pendant tout leur concert. En intro : ils font tourner un spliff. Entre chaque morceau : ils font tourner un spliff. Sans déconner, les mecs ont un préposé aux spliffs : un type qui attend sur le bord de la scène le bon moment pour allumer et faire fumer les membres du groupe. MEILLEUR JOB DU MONDE. La musique, elle, est très crade comme on l’attend, et devient de moins en moins structurée au fil des lattes tirées par les musiciens, jusqu’à devenir un espèce de jam à moitié improvisé qui s’éternise. Alors c’est marrant au début, ou si ta concentration de THC est élevée, mais sobre, ça devient rapidement un peu chiant. N’empêche, y a des groupes comme ça qui rendent bien en photo argentique, c’est crade et granuleux comme leur son.

 

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Bongzilla

 

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Bongzilla

 

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Bongzilla

 

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Bongzilla

 

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Bongzilla

 

Câlin de mains

 

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Bongzilla

 

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Bongzilla

 

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Bongzilla

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On va pas se mentir, la musique de Soulfly a toujours été plus ou moins naze. Et puis Cavalera sur scène, c’est plus vraiment un monstre d’énergie et de charisme (même si on note un certain effort d’hygiène, il est beaucoup moins crade qu’avant mis à part son espèce d’horrible dread géante dégueulasse dans le cou). Mais allez savoir pourquoi, le public avait décidé que le concert de Soulfly serait le plus gros bordel du festival. Vous voyez ces petits jeux vidéo où des objets tombent du ciel, et votre personnage doit les attraper en se déplaçant latéralement avant qu’ils ne touchent le bas de l’écran ? Au début c’est facile, y a qu’un seul machin qui tombe du ciel à la fois, mais au fur et à mesure la difficulté augmente avec le nombre d’objets (comme par exemple celui-ci où deux femmes nues doivent attraper du sperme avec la bouche). Bah c’est exactement ce qu’on voyait en regardant le public depuis le pit photo : des vagues de slammers de plus en plus nombreux qui arrivaient petit à petit vers les barrières, et les mecs de la sécu qui se déplaçaient latéralement le plus vite possible pour tous les attraper. Et c’était hyper marrant !

 

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Soulfly

 

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Soulfly

 

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Soulfly

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Un peu plus haut je parlais de ces groupes qui ont de la gueule en argentique, et Nashville Pussy en font partie également. Ça doit être commun à tous les groupes de rednecks qui ont des gueules à vivre dans un trailer park du Texas, en fait. En tout cas, Nashville Pussy sur scène c’est ultra cool, ça bouge, ça gueule, ça solote (du verbe soloter : action de jouer des solos de guitare) à fond, ça picole, donc ça fait le taf, quoi.

 

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Nashville Pussy

 

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Nashville Pussy

 

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Nashville Pussy

 

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Nashville Pussy

 

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Nashville Pussy

 

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Nashville Pussy

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Ce pauvre scarabée (impossible à identifier, même si on pense évidemment à Anoplotrupes stercorosus étant donné le milieu forestier autour du festival) était sur le dos au bord de la scène, avec aucune prise à proximité pour réussir à se retourner. Heureusement, le guitariste de Testament, sur scène au même moment, a approché sa chaussure (manquant de peu d’écraser le pauvre bougre !), ce qui lui a permis de se remettre sur patte et de continuer sa route.

 

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Testament

 

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Testament

 

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Testament

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Batushka est un groupe de black rituel polonais qui a l’originalité d’agrémenter ses morceaux avec des chœurs type « chant grégorien ». Alors forcément, quand le son est pourrave et qu’on ne distingue pas du tout les chœurs, on perd immédiatement une grosse partie de l’intérêt. Mis à part ce gros défaut, l’ambiance instaurée par le groupe est assez folle : tous les musiciens sont en bure et masqués (ils sont tous anonymes), bougies, fumée, éclairage hyper maîtrisé tantôt stroboscopique tantôt ambiant… Et surtout ces putain de morceaux qui transforment le concert en cérémonie.

 

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Batushka

 

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Batushka

 

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Batushka

 

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Batushka

 

Câlin et pack de bières

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Aux alentours de l’an 30 a eu lieu la résurrection de Jésus, mais plein de gens l’ont considéré comme une mauvaise nouvelle. Aux alentours de l’an 2016, c’est au tour d’Al Jourgensen de ressusciter, mais cette fois tout le monde est unanime : c’est une putain de bonne nouvelle. Après l’avoir vu tout tremblotant en clone d’Ozzy en 2012 (quelques jours avant qu’il ne soit évacué au milieu de son concert au Bataclan sur une civière), je ne m’attendais vraiment pas à le voir en forme comme ça. Mais voilà : Ministry est de retour pour botter des culs. La première moitié du concert est consacrée aux titres récents (Punch In The Face, PermaWar, Rio Grande Blood), qui sont certes moins percutants en studio mais qui défouraillent sévèrement en live avec ce son complètement démentiel : la batterie de Roy Mayorga (Stone Sour, Soulfly) sonne comme des coups de fusil à pompe, la guitare est incisive, le bassiste Jason Christopher (Stone Sour aussi, décidément) impressionnant de puissance et de précision aussi bien dans son jeu de scène que dans son jeu de basse, Al Jourgensen court partout, chante vraiment et fait très mal semblant de jouer de la guitare. S’agissant d’une nouvelle tournée d’adieu (encore une), la deuxième partie du concert prend la forme d’un best-of avec les hymnes à la violence que sont Just One Fix, N.W.O, et surtout une monumentale version de Thieves en fin de set, qui finira d’achever nos cervicales avec l’efficacité d’un 38 tonnes qui rentre dans le cul de ta Clio à l’arrêt.

 

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Ministry

 

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Ministry

 

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Ministry

 

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Ministry

 

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Ministry

 

Câlin entre copains

 

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Ministry

 

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Ministry

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En définitive, ce fût une très bonne expérience que ce Motocultor de l’Amour, qui aura su compenser la morosité du vendredi par un samedi complètement ouf (meilleure affiche de festival du monde) et par un final hallucinant le dimanche. Reste plus qu’à espérer, maintenant, que l’édition 2017 se fasse.

 

Note technique : pour la couleur, j’utilise de la Portra 400, développée à la maison avec un kit C-41. Les photos couleurs sont prises avec mon Nikon F90x (objectifs : un Sigma 24-70 f/2.8 et un Sigma 70-200 f/2.8). Pour le noir et blanc, j’utilise de la Tmax 400 poussée à 1600 dans du révélateur Tmax. Toutes les photos N&B sont prises avec mon Nikon F80 et les mêmes objectifs que pour la couleur. 
Remerciements : un grand merci au Motocultor et en particulier à Karine Sancho pour l’accréditation.

Galeries

BigSure

 

Leng Tch’e

Stonebirds

Lost Society

Vektor

Fractal Universe

Secrets Of The Moon

Graveyard

Bongzilla

Soulfly

Nashville Pussy

Testament

Batushka

Ministry

Ambiance

 


By | 2017-03-27T08:11:07+00:00 août 21st, 2016|Concerts, Motocultor 2016|1 commentaire

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  1. […] Motocultor de l’Amour Jour 1 (Vendredi) – Motocultor de l’Amour Jour 3 (Dimanche) […]

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