Le Motocultor de l’Amour – Jour 1 (Vendredi 19/08/2016)

par Florian DENIS

Le Motocultor de l’Amour – Jour 1 (Vendredi 19/08/2016)

(si le texte vous les brise et que vous voulez passer directement aux photos, cliquez ici)

N’y allons pas par 4 chemins : ce premier Motocultor auquel j’assiste commence mal, très mal : d’une part, la programmation du vendredi, Shining mis à part, me laisse aussi excité qu’un poulpe mort. D’autre part, l’entrée à midi se fait sous des trombes d’eau, mais genre des trombes d’eau à la bretonne, ce qui me coupe d’emblée tout courage d’affronter cette journée qui s’annonce longue et chiante (spoiler : ce sera bel et bien le cas). Je ne le cache pas, la raison de ma venue au Motocultor est surtout la journée du samedi, dont la programmation est stratosphérique, et dans une moindre mesure le dimanche qui se termine par Ministry.

En effet, j’en avais déjà parlé dans le report du Hellfest (que je vous invite à lire ici), mais je goûte peu au death et au thrash, et force est de constater que la programmation générale du festival est très axée là dessus, si l’on excepte, donc, le fameux samedi qui verse dans le post-hardcore beaucoup plus en accord avec mes affinités. Du coup, il est certain que le live report du jour risque de ne pas être forcément très palpitant pour ceux qui ne sont pas enthousiastes à l’idée de m’écouter me plaindre. Donc, pour rehausser un peu le niveau et également pour contrecarrer  l’excès d’agressivité de la programmation, nos trois articles seront parsemés aléatoirement d’images de festivaliers en train de se faire des câlins et des bisous. C’est ça, le Motocultor de l’Amour.

 

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Câlin

 

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Câlin + respirage de cou

Et encore une fois, comme pour le Hellfest (report à lire bla bla bla), commençons donc cette série d’articles par un bilan général du festival :

Les plus

  • Le site, qui est de petite taille mais pas trop, et très bien agencé. Ils avaient eu cette année l’excellente idée de monter des chapiteaux au dessus des deux grands scènes, qui ont été indispensables avec les averses du vendredi.
  • L’ambiance générale parmi les festivaliers, même si forcément un peu beauf (c’est du métal hein) et surtout un peu trop alcoolisée (les mecs qui gueulent pendant Amenra, bordel).
  • La sécu !!! Les mecs on fait un super taf, ils connaissent de toute évidence bien le milieu et laissent tout le monde s’amuser, malgré le bordel monstrueux sur certains concerts.
  • La programmation du samedi (encore une fois) qui m’a lacéré les boyaux avec des lames de rasoir.
  • Le metal corner bien rempli avec des tas de vinyles et des fringues cools.
  • Le son, la plupart du temps très bon.
  • La gestion du pit photo, impeccable (mais ça vous vous en foutez).
  • Les chiottes sèches (ben ouais c’est important quand même), propres, sans odeurs et jamais bondées.
  • L’AMOUR : y en avait plein, partout, tout le temps. Bisous, câlins, massages, sourires, c’était vraiment agréable à voir (et un peu triste aussi parce que moi j’étais tout seul). 

Les moins

  • Un seul stand de bouffe (??), pas donné et pas top (3 jours de sandwichs merguez/frites, faut kiffer hein), avec rien pour les sales hippies végétaliens comme moi, et géré par des pauvres bénévoles en sous-effectif complètement débordés. Beaucoup de produits en pénurie le dimanche.
  • Les lumières pas top sur les grandes scènes en début de journée (beaucoup mieux sur les groupes du soir).

 


 

La journée démarre avec T.A.N.K (ce qui est l’acronyme de Think Of A New Kind, mais ça veut pas dire grand chose) sous le chapiteau de la Dave Mustage, qui subit tellement de pluie que l’eau s’infiltre sur scène. T.A.N.K , c’est le metal français dans tout ce qu’il y a de plus français : influence death, bien mélodique sur les refrains, avec un son ultra-chiadé, des breaks là où il faut, des syncopes là où il faut, de la guitare lead à la fin pour faire épique, des mecs qui jouent bien et très carré… Y a rien qui déborde, rien qui transpire, bref ça m’intéresse pas des masses mais comme il pleut sa race, bah j’ai pas tellement le choix (j’ai prévenu que ce serait pas super intéressant comme report hein).

 

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T.A.N.K

 

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T.A.N.K

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Même si le doom à jeun à 13h30 sous la pluie n’a pas énormément d’effet sur moi, force est de constater que Witchthroat Serpent s’en sort vraiment pas mal. La basse est énorme, la guitare bien crade et tous les codes du style sont respectés. Ca ne réinvente rien du tout mais c’est clairement pas le but. C’est juste parfaitement efficace pour faire ronfler le tympan comme on aime.

 

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Witchthroat Serpent

 

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Witchthroat Serpent

 

Câlin + bisou

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Petit crochet sous la flotte pour voir Furia sur une scène trempée. C’est un excellent groupe sur album, qui savent poser une atmosphère vraiment lourde, mais là, les voir jouer torses nus sous une pluie diluvienne devant 4 pelos désespérés, ça fout vraiment mal au cœur. Comme je manque de noyer définitivement mon appareil photo au bout de 2 minutes, je préfère battre en retraite. Le festival donnera une deuxième occasion au groupe de jouer, le samedi à la place de Dalriada, mais vu qu’ils n’ont prévenus personne, les pauvres polonais n’ont pas eu forcément beaucoup plus de succès. Dommage.

 

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Furia

 

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Furia

 

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Furia

 

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Devant Furia, la misère…

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Deuxième chance de l’été de voir Moonreich dont j’avais peu apprécié le concert au Hellfest, faute de réussir à rentrer dedans. Malheureusement, même problème ici : le son assez brouillon peine à installer l’ambiance même si les compos du dernier album sont foutrement cools. Le jeu de scène est un peu too much aussi, ce qui a tendance à vite me bloquer quand il s’agit de black metal.

 

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Moonreich

 

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Moonreich

 

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Moonreich

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Je ne connaissais pas Barabbas, groupe doom français, avant de les voir débarquer sur la Massey Ferguscene. Et visiblement j’étais le seul, car le groupe est acclamé par une bonne partie du public qui semble connaître toutes les paroles. Et effectivement, musicalement, ça bute bien : du gros doom/stoner gras et agressif, bien construit et pêchu, chanté en français. Bon, par contre, entre les mecs qui débarquent en toge avec une croix en bois fabriquée avec des tasseaux Leroy-Merlin (mention spéciale aux inscriptions « Satan » dessus faites au marqueur) et l’attitude des musiciens sur scène (et hors scène aussi d’ailleurs), ça donne une impression bizarrement beauf qui détonne avec la putain de qualité de la musique.

 

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Barabbas

 

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Bisou

 

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Barabbas

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Je n’ai rien à dire sur Onslaught car c’est vraiment pas ma came. Mais j’ai des photos, donc voici :

 

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Onslaught

 

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Onslaught

 

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Onslaught

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Pas grand chose à dire sur Vulcain non plus, ils ont leurs fans, mais perso quand je veux écouter du Motörhead je mets du Motörhead. Par contre, pour la petite histoire, j’ai un jour été blacklisté par leur manager, qui m’a assuré que ce serait la dernière fois que je les prendrai en photo, car j’avais eu le culot de refuser de lui filer des photos gratuites (alors que j’étais accrédité pour un média et non pas par le groupe). Mes photos du Vulcain :

 

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Vulcain

 

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Vulcain

 

Câlin

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Changement radical de style avec Atmospheres, groupe classé sous l’étiquette djent et dans lequel officie l’ancien buzz de la guitare shred, MattRach, qui tient ici la basse. On pourrait donc naturellement s’attendre à un djent ultra technique, mais en fait non, les parties atmosphériques et mélodiques prennent largement le dessus sur le reste et il faut avouer que merde, c’est vachement bien foutu. On passe un bon moment, mais sans forcément en retenir quoi que ce soit.

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Atmospheres

 

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Atmospheres

 

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Atmospheres

 

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Atmospheres

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Depuis le début de ce report, j’ai l’impression de taper sur plein de groupes qui ne l’ont pas forcément mérités, et j’ai pas envie d’être méchant. Je ne m’étendrais donc pas sur GaidjinN parce que déjà le Visual Kei ne m’intéresse pas le moins de monde, mais en plus quand c’est fait avec du maquillage tout perrave qui coule et sans aucune conviction (visiblement y a que le bassiste qui y croit), c’est vraiment pas possible. Et merde, j’ai encore critiqué.

 

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Gaidjinn

 

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Gaidjinn

 

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Gaidjinn

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Ah ! C’est enfin le retour des trucs cools avec The Midnight Ghost Train : des gros gars qui font du stoner burné en bougeant bien énergiquement. Ils font partie de la catégorie des groupes de stoner « moyens », c’est à dire qu’on est clairement pas devant Kyuss ou Fu Manchu mais qu’ils font parfaitement leur taf qui consiste à nous faire bouger en nous vrillant les tympans. Nickel pour se réveiller avant la déferlante death metal qui suit.

 

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The Midnight Ghost Train

 

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The Midnight Ghost Train

 

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The Midnight Ghost Train

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Grave, donc, c’est du death metal qui doit vachement plaire aux fans de death metal.

 

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Grave

 

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Grave

 

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Câlin (juste après un torrent de bisous alcoolisés)

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Le black metal ce n’est pas que de la musique, c’est aussi un look soigné. Et là dessus, les ukrainiens de Khors font fort en proposant une gamme de costume finement travaillés. Cuir ciselé, lanières et clous sont harmonieusement agencés pour un effet « dark trendy » des plus plaisant.

 

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Khors

 

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Khors

 

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Khors

 

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Khors

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ET BIM DANS MA GUEULE. Celle-là je m’y attendais pas. Plongé dans mon marasme, je ne m’étais pas vraiment emballé quand Tang de Metalorgie m’avait chaudement conseillé d’aller voir Rotting Christ un peu plus tôt dans l’après-midi. Du haut de mon inculture, je ne savais pas à quoi m’attendre et surtout pas à ce putain de rouleau compresseur scénique qui m’a défouraillé la face. Le son est ÉNORME et le groupe assassine nos cervicales à coups de riffs qui butent. Alors certes, ça sent le show millimétré avec ses headbangs synchronisés et ses morceaux taillés pour le live, mais bordel ce que c’est puissant.

 

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Rotting Christ

 

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Câlin entre amis

 

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Rotting Christ

 

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Rotting Christ

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Après ça, Entombed A.D. (oui, A.D., car Entombed s’est séparé en 2 groupes distincts suite à un split) paraît un peu fade sur la petite scène, mais je suis prêt à tout pour éviter les bouffonneries du Naheulband. Mais leur enthousiasme est quand même assez communicatif pour qu’on se laisse prendre par leur death bien rock’n’roll et crade.

 

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Entombed A.D.

 

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Entombed A.D.

 

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Câlin en slip

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Fleshgod Apocalypse, c’est typiquement le genre de groupe auquel je suis totalement allergique normalement (du death symphonique, rien que d’écrire ça j’en ai des frissons), mais eux me font bien marrer avec leur délire clavecin/chant lyrique, leurs morceaux barrés et leurs orchestrations ultra-grandiloquentes à l’italienne. Sans déconner, pour vous faire une idée allez écouter le titre The Fool du dernier album. Impossible de dire si c’est du second degré ou non, mais en tout cas, c’est drôle. Dommage que tout ce travail soit complètement brisé par le son dégueulasse avec une batterie qui bouffe toutes l’orchestration et le chant lyrique. Reste du coup un concert de death pas vraiment intéressant en dehors de l’aspect visuel bien débile (costumes, éclairages épiques, ventilateurs sous les cheveux).

 

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Fleshgod Apocalypse

 

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Fleshgod Apocalypse

 

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Fleshgod Apocalypse

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Enfin, minuit arrive et on peut passer aux choses sérieuses : Shining. Pour résumer, voire vulgariser, ils définissent eux-même leur musique de « blackjazz ». Mais attention à ne pas y voir un mélange de black metal et de jazz : en réalité, c’est un gros bordel de rock’n’roll, free-jazz, prog, indus… en réussissant l’exploit de créer malgré tout des morceaux hyper efficaces, énervés, accrocheurs et dansant à la fois. Sur scène, c’est un pur concentré d’énergie. Le concert démarre avec l’ultra-vénère I Won’t Forget, qui donne le ton d’entrée de jeu à coup de gros riffs, de hurlements et de saxo complètement halluciné, le tout sous une lumière stroboscopique à faire mousser un épileptique. A ce moment là, pour le public qui ne les connaît pas, ça passe ou ça casse : soit ils se barrent, soit ils restent médusés et abasourdies. Il faut croire que le public du Motocultor aime se faire percer l’oreille interne à la visseuse, car la fosse se transforme très vite en joyeux bordel et le groupe sera acclamé un long moment à la fin du dernier morceau, The Madness And The Damage Done.

 

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Shining

 

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Shining

 

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Shining

 

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Shining

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Cette journée a beau avoir été longue et laborieuse, le concert de Shining la rattrape complètement. Pour ne pas ruiner ce moment, je décide donc de m’abstenir d’aller voir Children of Bodom, la grosse tête d’affiche du jour. Maintenant il ne me reste plus qu’à rentrer me sécher et dormir, avant d’attaquer le samedi qui s’annonce infiniment plus intéressant (et le live report le sera aussi normalement).

 

Tops de la journée : 

 

Note technique : pour la couleur, j’utilise de la Portra 400, développée à la maison avec un kit C-41. Les photos couleurs sont prises avec mon Nikon F90x (objectifs : un Sigma 24-70 f/2.8 et un Sigma 70-200 f/2.8). Pour le noir et blanc, j’utilise de la Tmax 400 poussée à 1600 dans du révélateur Tmax. Toutes les photos N&B sont prises avec mon Nikon F80 et les mêmes objectifs que pour la couleur. 
Remerciements : un grand merci au Motocultor et en particulier à Karine Sancho pour l’accréditation.

Galeries

T.A.N.K

 

Witchthroat Serpent

Furia

Moonreich

Barabbas

Onslaught

Vulcain

Atmospheres

GaidjinN

The Midnight Ghost Train

Grave

Khors

Rotting Christ

Entombed A.D.

Fleshgod Apocalypse

Shining

Ambiance

By | 2017-03-27T08:40:54+00:00 août 19th, 2016|Concerts, Motocultor 2016|5 Comments

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5 Commentaires

  1. […] Motocultor de l’Amour Jour 1 (Vendredi) – Motocultor de l’Amour Jour 2 (Samedi) […]

  2. Jean Vilgrain 19/09/2016 à 14 h 46 min ␣- Répondre

    Oui sauf que GaidjinN n’est absolument pas du Visual Kei en fait….
    C’est du Metal « tout court ».

  3. […] Motocultor de l’Amour Jour 1 (Vendredi) – Motocultor de l’Amour Jour 3 (Dimanche) […]

  4. Beysson 21/09/2016 à 11 h 06 min ␣- Répondre

    Pourquoi si tu connais pas tout tu ne vas pas faire ton live report avec un autre qui s’y connaît là où tu n’as pas de connaissance ? Nan parce que t’es mignon avec ton analyse de Khors mais tu nous dis pas qu’ils ont fait une setlist de fou et que c’était un excellent concert au lieu de ça tu nous fais « oh lol ils étaient en cuir ».

    • Florian DENIS 21/09/2016 à 11 h 21 min ␣- Répondre

      Et depuis quand un live report devrait être exhaustif ? Si t’as envie de lire des trucs gentils sur les groupes que t’as aimé et dont on parle pas ici, y a des tonnes de live reports du festival sur le net.

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