La route du rock session hiver 2015.

La route du rock session hiver 2015.

La route du rock tient, en hiver, une session depuis 10 ans. C’est l’occasion de se réchauffer dans une belle salle en attendant la session été en plein air. Cette année 5 soirées étaient programmées: deux à Rennes et trois à Saint Malo. Je n’en ferais que trois, celle du jeudi à l’antipode de Rennes, et les deux de la Nouvelle Vague le vendredi et samedi à Saint Malo. De bonnes choses vues et des moins bonnes, je vous raconte tout ici.

the cosmic dead-1-2

The Cosmic Dead

La salle de l’Antipode était pleine ce jeudi soir, non pas pour voir Jessica 93, ni pour voir The Cosmic Dead mais plutôt pour voir le simili-rocker Hanni El Khatib. Je n’arrive pas beaucoup en avance et j’entre tout juste pour voir Jessica 93 débuter son concert. Cela fait un bout de temps que j’écoute le sieur Jessica et sa musique qui sent bon les années 80. Il est passé à Rennes, mais je n’avais jamais réussi à le voir. Et bien ce fut à la hauteur de mes attentes. Seul sur scène, il lance ses boucles tantôt à la basse, tantôt à la guitare, et ça le fait bien. Ca ne prend pas des plombes à se mettre en place et c’est très très bon, ça sent la new/front/cold wave et c’est redoutablement efficace. Suivront The Cosmic Dead qui remplissent la salle de leurs riffs de guitares. Ils distillent un rock psychédélique bien monté, c’est très bon. Par contre c’est bizarre les deux guitaristes/bassistes tournent littéralement le dos au public, ils ne se retourneront que par moment et à la fin. Puis c’est au tour de la star qui a rempli la salle, Hanni El Khatib. Je l’avais déjà vu deux ou trois fois sans que cela ne me fasse ni chaud ni froid, mais avant d’aller le revoir j’avais écouté le dernier album pour savoir à quoi m’attendre durant son concert. J’ai tenu 15 minutes… C’est une sorte de rock à papa, là où il jouait tout seul avec son batteur avant et il bougeait beaucoup, maintenant ils sont deux guitaristes et un bassiste alignés le long de la scène et ça ne bouge plus du tout, à vrai dire ça m’a fait penser à un mélange de ZZTOP et de Lenny Kravitz. Bref, j’ai fui.

Absolutely free-2

Absolutely Free.

 

La seconde soirée ne me paraîssait pas super alléchante non plus. Ca se passait à Saint Malo et dans cette chouette salle de La Nouvelle Vague. Mais ça commence sous de bons hospices avec Naomi Punk, trio américain, qui se la joue un peu punk, un peu noise, un peu garage. Rien de vraiment neuf sous le soleil mais ça entame bien la soirée. Suivra sur scène Absolutely Free qui donne dans une pop un peu électro. Ca ressemblerait par moment à du Caribou mais en moins, beaucoup moins, chiant. Les petits chouchous des réseaux sociaux montent sur scène, les Allah las qui avaient enflammés la petite scène du fort saint père en 2013. Bon, comment dire, je ne comprends pas un tel engouement pour ce groupe qui donne dans un style qui oscille entre un garage plan plan, un psyché chiant et un surf qui n’aurait jamais vu une vague. Bref, c’est pas génial génial, mais bon ils ont un certain succès, ça doit être moi qui n’est pas sur la vague (de leur surf music). Et là arrive sur scène Ariel Pink. J’en avais vaguement entendu parler, comme d’un OVNI musical. Ca commence mal, balance qui prend des plombes, demi-heure de retard, etc. Puis aussi un chanteur aux cheveux roses et aux chaussures à talons avec plein de clous dessus, des musiciens à l’air hagard, bref de l’américain côte ouest puissance 10. Et là surprise ! C’est très bon, vraiment très bon, je pèse mes mots, derrières leurs gueules de drogués, les musiciens jouent très bien. Le chanteur est juste et la musique qui n’est pas sans me rappeler le premier Pink Floyd avec Syd Barret (Piper at the gates of the dawn), mais pas que, de la pop, du glam période T-rex ou Bowie, bref du miel pour mes oreilles, en plus sur scène c’est très chouette ! Ce fut la bonne surprise de la soirée. Je ne resterais pas pour voir Grand Blanc, mon conducteur n’en a rien à faire et moi non plus, le style bashung de l’est dans les années 80 ne m’émeut que peu. Je les ai déjà vus aux Transmusicales et je pense que ça suffit comme ça.

Mourn-2

Mourn

Jeunes et débordantes pour deux d’entre elles les jeunes catalanes de Mourn envoient un rock matiné de punk assez énergique. C’est frais, ça ne révolutionne pas le genre mais c’est chouette ! Une bonne mise en bouche. Par contre la suite est moins sympa, en effet dans la lignée des groupes de rock garage américains (Ty Segall, Thee oh sees, etc… ) voici un des derniers sortis : Meatbodies. Rien de neuf dans le garage, un peu de stoner en plus un peu de riffs de guitare à la White Stripes. Perso, ça me laisse froid, voire même je trouve ça chiant. J’ai l’impression d’un tube de 1km de long de musique bruyante coupé par moment pour en faire des morceaux. Et puis voilà Deerhoof, toujours aussi bons, toujours aussi souriants, avec des nouveaux morceaux, et une énergie à revendre. Le batteur et leader du groupe est un réel chef d’orchestre. Il dirige le groupe depuis sa batterie, accélérant, ralentissant quand il le souhaite et tout le reste suit. Très bon moment de musique assez indescriptible avec une chanteuse qui a une chorégraphie bien a elle. Puis tout se casse la gueule, voici venir les Blonde redhead, groupe qui avait quitté ma platine il y a quelques années quand ils sont passés de la pop noisy et shoegaze à un truc beaucoup plus sirupeux et aérien. Je n’ai rien contre mais j’avais un peu peur du concert et je n’ai pas été déçu. J’ai trouvé ça mou voire chiant, bref je n’ai pas retrouvé le plaisir que j’avais eu à les écouter il y a une dizaine d’années. Dans une obscurité quasi totale, arrive Ghost Culture que j’avais envie d’entendre (car on ne le verra pas). C’est pas mal, style un peu new wave mélangé à du dubstep mais plutôt calme. Mais on ne voit rien, c’est dommage car on distingue le sieur qui tape et maltraite ses machines. Ce n’est pas un simple dj qui passe des disques ou joue devant un laptop.

Deerhoof

Deerhoof

Je remercie le festival de la route du rock pour l’accréditation et aussi pour leur programmation qui même si je n’aime pas tout et loin de là, sait tirer son épingle du jeu par rapport à bon nombre de festival qui se la jouent pépère en programmant des trucs vus et revus et ne prenant aucun risque. Bref Longe vie à la route du rock !

Toutes ces photos ont été prises avec mon fidèle nikon F100 sur de la kodak tmax 400 poussée @3200 et développée dans du révélateur TMAX.

By | 2016-11-16T09:13:37+00:00 mars 1st, 2015|Concerts|0 commentaires

About the Author:

https://www.flickr.com/photos/renphotographie/sets

Laisser un commentaire