C’est avec une impression d’assister à un comice agricole que je rentre dans le fort le vendredi. En effet, devant la grande scène et sur une bonne partie du site il a été mis de la paille. Au début on se dit chouette, c’est même assez joli, et ça a dû assécher un peu la boue de la veille. Eh ben oui et non, ça dépend des endroits, là ou il n’y avait pas trop de boue ça va, mais là où il y en avait beaucoup c’est la surprise, et oui mettre le pied dans 10 centimètres de boue alors qu’on pense que c’est sec, ce n’est pas plaisant, loin de là.

J’arrive juste à temps pour découvrir Cheatahs. Les londoniens nous font le coup de la nostalgie avec une une musique qui tient de la noisy-pop, du shoegaze et qui ressemble vaguement à leurs grands frères de renom comme My Bloody Valentine ou encore ceux qui les suivront dans la soirée Slowdive. Rien de bien neuf dans le set des Cheatahs, ça joue bien, ça remue peu sur scène, mais ça m’emballe pas.

Cheatahs

Cheatahs.

Retour sur la grande scène pour assister à un des moments que j’attends le plus durant ce festival, Anna Calvi. C’est la première fois que je vais voir la belle anglaise d’origine italienne sur scène. J’avais beaucoup aimé son avant-dernier album et le dernier me plaît assez aussi. Puis je lui trouve une classe presque digne d’une PJ Harvey. Reste à voir ce que ça vaut sur scène. Et bien ce fut à la hauteur de mes espérances. Aidée par une multi instrumentiste, les morceaux prennent une texture en live qu’ils n’ont pas sur les enregistrements studios. Des riffs incisifs, une belle voix et une présence sur scène. Toute de noire vétue, le rouge à lèvre étant le seul point coloré de la chanteuse, la jeune femme joue les titres de ses deux derniers albums. Un très bon concert, vraiment !

Anna Calvi

Anna Calvi

Je rejoins tranquillement la petite scène pendant la fin du set de Anna Calvi pour assister à ma bonne surprise durant ce festival : Protomartyr. Venant de Detroit comme les MC5, le groupe nous délivre une musique teintée de post punk, très très bon, le chanteur Joe Casey caché derrière ses lunettes noires semble envoûté par cette musique, avec sa voix et son attitude qui ne sont pas sans rappeler Mark E. Smith, chanteur célèbre de The Fall. Une vraie bonne découverte !

Protomartyr

Protomartyr

J’avais hâte, vraiment hâte et en même temps j’avais peur. Les reformations sont souvent à double tranchants: le plaisir de revoir un groupe après tant d’années et le dégoût de découvrir un truc sans goût loin de ce qu’on a aimé il y a longtemps. Et ce soir là le premier groupe a être passé par la case reformation était Slowdive. Pour ceux qui, comme moi, ont été bercés dans le début des années 90 par des groupes comme Ride, Pale Saints, Boo Radleys ou encore My Bloody Valentine, The Charlatans, et d’autres encore qui jouaient souvent avec un mur de guitares et en regardant leurs pompes, j’ai nommé le mouvement Shoegaze. Slowdive n’était pas le groupe le plus connu mais certainement un des plus classieux à mon goût. Neil Halstead à gauche et Rachel Goswell dans une robe pailletée se passe le chant à tour de rôle. C’est bon, c’est presque émouvant, j’en ai des frissons dans le dos lors de certains morceaux. Un pur moment de grâce durant cette soirée !

Slowdive

Slowdive

Deuxième reformation de la soirée, c’est au tour de Portishead de monter sur scène. Clairement attendu par un public venu en masse, le festival fait le plein ce soir là. Portishead est sur scène 20 ans après leur premier album Dummy et 16 ans après leur dernier concert pour la route du rock. Reformation donc pour ce groupe qui avait marqué par sa musique toute une génération. Beth Gibbons et ses acolytes jouent sur une scène très sombre, deux ou trois caméras diffusent, avec des filtres, les images des musiciens en train de jouer sur le fond de la scène. C’est bien, propre, lisse un peu trop d’ailleurs. Cela fait bien plaisir de voir le groupe sur scène jouer ses morceaux les plus connus. Mais je ne sais pas, il manque quelque chose, de l’émotion peut être ? Je ressort du concert content mais sans plus, sans avoir eu les même sensations qu’en écoutant Slowdive. Je ne serai pas le seul à avoir ressenti ça en écoutant les copains et les gens autour de moi.

Portishead

Portishead

Ayant quitté avant la foule le concert de Portishead, je peux rejoindre la petite scène pour voir ceux que j’attends avec impatience depuis leur prestation à la route du rock hiver 2013: METZ. Ils ne sont pas originaires de l’est de la France, mais canadiens, et signés sur le label SubPop qui est souvent gage de qualité (Nirvana, Les Thugs, Mudhoney,Soundgarden,…) La dernière fois, ils avaient réussi à vider la moitié de la salle de la Nouvelle Vague, le public n’étant pas habitué à subir les assauts limite hardcore/punk de ce trio. Et ça recommence, non ils ne vident pas le fort mais par contre ils jouent toujours aussi fort ! Une grosse basse, un batteur qui frappe comme si sa vie en dépendait et un chanteur guitariste qui ne s’approche de son micro que pour lui brailler dessus. C’est presque jouissif. Ca va être dur de passer à autre chose après ce très bon moment.

Metz

Metz

Puis c’est le retour devant la grande scène et sans conviction aucune. Liars, troisième passage sur cette même scène, et je ne suis toujours pas convaincu par ce groupe. C’est foutraque, ça part dans tous les sens et finalement ça ne va nulle part. Originaire de New York, le trio arty et plutôt électro bouge et fait bouger le public. Le chanteur avec son bonnet qui recouvre la quasi totalité de son visage saute et remue derrière ses claviers mais sans que ça n’apporte quelque chose à la musique. Bref, je trouve ça inintéressant, je repars voir ailleurs ce qu’il s’y passe.

Liars

Liars

Pour faire plaisir à un copain, je reste pour voir Moderat et assister à la chenille prévue avant le concert du trio électro. Bon ben oui, même les spectateurs de la route du rock, plus connus pour être des rockeux/popeux, que des chenilleurs fous. Mais une chenille se forme ou plusieurs chenilles à vrai dire. Les dJ des Magnetic Friends ont le bon goût de ne pas passer la version de Bézu, mais un set de musique africaine. C’était assez drôle à voir. Mais la soirée n’est pas finie. Il reste le set de Moderat, le trio Berlinois met déjà beaucoup de temps à se mettre en place. Sans doute dû aux écrans derrière eux qui servent à projeter des images géantes de mains, et d’autres choses. Déjà qu’il est tard, que je suis fatigué, que je sais que ça va pas me plaire, me farcir une demi heure de mise en place d’écrans me plaît moyen. Moderat, alias Gernot Bronsert et Sebastian Szary de Modeselektor avec Sascha Ring d’Apparat. Autrement dit pour ceux qui savent un supergroupe éléctro. La musique commence et évidemment, comme pressenti, ça ne me plaît pas. Malgré un chant sur les morceaux boumboum, une guitare qui vient accompagner le tout, ça me laisse de marbre.

Moderat

Moderat

Une très bonne soirée ponctuée de très bons concerts, de très bons souvenirs de Metz, de Slowdive me resteront en tête, je rentre fourbu mais heureux. Je pense que ça restera la meilleure soirée du festival !

Toutes les photos en noir et blanc ont été prises avec un nikon F100 et de la tmax 400 poussée à 3200 isos, et la couleur avec un contax G1 et de la fuji Xtra 800.