La route du rock, ce festival contre lequel beaucoup de monde peste mais qui cette année, comme souvent, a encore fait le plein. Pourtant il fallait vouloir y venir. En effet, le premier soir dans le fort a commencé sous la pluie et dans la boue. Si la pluie a cessé en début de soirée, la boue elle n’a pas séché. C’est donc les pieds dans la boue et évidemment sans bottes (restées chez moi) que le festival a commencé.

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Dans la boue.

La première artiste à se présenter sur la petite scène, qui cette année avait changé d’orientation pour éviter les soucis de l’année dernière, est Angel Olsen. Plutôt folk, tendance Cat Power mais en beaucoup moins original et pour moi beaucoup moins bon, sympathique mais sans grand intérêt. Le public étant resté la voir sous des trombes d’eau, la jeune femme a un public qui lui est acquis.

Angel Olsen

Angel Olsen

Suivant sur la grande scène cette fois ci, c’est au tour de The War On Drugs de venir défendre son dernier album. J’avais écouté vite fait ce groupe que je ne connaissais pas du tout, et ça me paraissait pas trop mal, voir un peu rock. Autrement dit, j’étais content de les voir. Bon, encore une fois et ça arrivera assez souvent ce soir, déçu je suis. Du rock annoncé et écouté, on est passé à un mélange de pop/rock fadasse, sans relief, sans intérêt aucun. Juste un saxo qui relève un peu ce concert mou du genou.

The War on Drugs

The War on Drugs

Sur la grande scène vient celui dont « On » m’avait dit le plus grand bien. Je ne me souviens pas de qui est ce « On », et c’est tant mieux pour lui car, pour le coup, je n’avais rien entendu de ce monsieur Kurt Vile et de ses Violators. Hé ben, ce n’est pas folichon, voire même carrément chiant, soyons francs, la pluie passe encore, la boue on va faire avec mais alors un chevelu sur scène qui bêle ses Yeaaaaaaaaah yeaaaaaaaah c’est parfaitement insupportable, je fais quelques photos et je vais me réfugier au point presse au bout d’un quart d’heure tellement je n’en peux plus. Finalement, j’apprends par des personnes bien renseignées que ce Kurt Vile, avant de jouer avec ses Violators et de nous violer les oreilles (huhuhu) a fondé The War on Drugs. Ceci explique cela. Un peu plus psyché, un peu plus lent, mais le même genre de coupe de cheveux, la tête baissée, et la même impression de s’ennuyer ferme.

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Kurt Vile & The Violators

Pendant ce temps là, sur la petite scène Real Estate fait sa balance. Je ne pourrai pas accéder à la scène, je suis parti trop tard et même si c’est mieux que l’année dernière, il faut arriver tôt pour avoir la chance d’accéder à la fosse photo. Je regarderai donc le concert de loin. C’est de la pop de bonne facture, plutôt sympa, ils ne vont pas révolutionner le genre, mais ça joue bien et c’est assez plaisant.

Et c’est Thee Oh Sees qui monte sur scène pour défendre leur jenesaispluscombien album. Les américains nous avaient fait le coup de la pause, ça a dû durer deux mois… Bref, le groupe de garage multi prolifique est sur une grande scène, trop grande pour eux. Le trio a l’air un peu perdu au milieu de ce plateau trop grand pour eux. Le line up a changé mais l’énergie est toujours présente. John Dwyer le guitariste/chanteur/frontman est en forme. Sa guitare déborde de riffs garage, ça chante haut et bas, ça headbangue, ça tire la langue, ça envoie un peu de pâté. Je ne suis sincèrement pas fan du groupe, leurs albums me laissent un peu de marbre mais je dois admettre que sur scène c’est bien, et surtout après les trucs mous auxquels nous avons eu droit depuis le début de la soirée. A noter aussi que la pluie a cessé et que les nuages ont déserté le ciel mais nous sommes toujours les pieds dans dix voire quinze centimètres de boue par endroit.

Thee Oh Sees

Thee Oh Sees

Cette fois ci je quitte le concert de Thee Oh Sees assez tôt pour prendre ma place dans la fosse et pouvoir voir The Fat White Family dans de bonnes conditions. Le groupe m’avait été recommandé aussi par une autre personne mais je ne sais plus qui. C’est donc avec une certaine appréhension que j’attends les jeunes Brixtonniens. Ca démarre fort et rapide, mais c’est un peu comme un soufflet (le truc au fromage): c’est gonflé mais ça dégonfle aussi rapidement que ça joue. C’est un peu punk, c’est un peu rock, c’est anglais et ce sont des branleurs. Six sur scène et ils arrivent à mettre un sacré boxon, mais sur la longueur ça devient un peu lourd et peu digeste. Par contre, photographiquement parlant, c’est chouette. Le chanteur est monté sur ressorts et au bout de deux morceaux a déja viré son tshirt. Mais bon, ça n’en fait pas un bon concert et j’en ressort un peu mitigé, même si je crains que c’est ce que je vais voir de plus intéressant dans la soirée.

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The Fat White Family

Les canadiens de Caribou montent sur scène avec un peu de retard mais devant une foule qui est restée pour les voir. Ils ont leurs fans, et je n’en fais pas partie. Je les avais déja vus lors d’une précédente Route du Rock hiver et j’en avais gardé un bon souvenir. Du math rock de bonne facture je me souvenais, quelques claviers mais pas vraiment électro. Encore une fois je serais déçu. Ca commence pas mal, les deux premiers morceaux sont sympathiques mais on sent quand même sous-jacent un petit fond électro qui me plaît plus que moyennement. Et ça va aller crescendo, plus ça va plus les instruments « classiques » laissent la place aux claviers et aux nappes électro. Pas très folichon, voire même pas terrible du tout ! Bref, je ne reste pas devant. Je n’aurai pas le courage d’attendre une heure et demie pour voir Darkside surtout que je n’aurai pas droit à la fosse pour les photographes, et que quelque chose me dit que le mélange électro/guitare risque de ne pas me plaire, avec en plus la fatigue et les pieds trempés.

Caribou

Caribou

Le jeudi ne s’est pas mal passé mais pas bien non plus, impression mitigée, d’une car rien n’a été prévu dans l’organisation contre la pluie. On est en Bretagne, la météo ça se prévoit un peu avant même si ce n’est pas du sûr à 100%. A voir l’étang devant les WC pour dames et le stand de jetons avec par endroit plus de 15cm d’eau, on se dit que plutôt que d’attendre 21h pour amener des camions citernes pour pomper, cela aurait pu être fait avant. Je ne parle pas des WC qui, comme chaque année, sont la bête noire du festival et encore je ne suis pas une fille… De légers soucis qui finissent d’année en année par lasser.

Toutes les photos en noir & blanc ont été prises à l’aide de mon fidèle Nikon F100 et de la Tmax 400 poussée à 3200 isos et pour les photos en couleurs mon contax G1 et de la fuji Xtra 800.