la route du rock été 2019

la route du rock été 2019

Première soirée et premiers embouteillages pour rentrer dans le fort (pour ceux qui ne le savent pas le festival à lieu dans le Fort saint père), il me faudra une demi heure pour me retrouver devant le premier groupe et louper les premiers morceaux. C’est POND que je vois du coup d’un œil assez distrait. Les australiens, sans aucun doute des copains de TAME IMPALA, pratiquent une pop mainstream et un brin chiante et teintée d’une once de psyché. Le chanteur fait le guignol et des grimaces mais ça ne rattrape pas un concert. Le seul truc drôle de leur concert sera la reprise de Bashung « Osez Joséphine ». Ce n’est pas folichon et c’est peu de le dire. Du coup je ne reste pas voir la fin, histoire de me placer pour ne pas louper le prochain groupe sur l’autre scène.

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Fontaines D.C.

Et c’est FONTAINES D.C. qui à l’honneur de commencer sur la grande scène, et ça c’est chouette. Les irlandais jouent une sorte de post punk. Et chose assez rare, ils jouent devant un vrai public, qui est arrivé tôt pour assister à leur concert, ou à ceux qui suivent, mais on ne va pas leur dire. Leur premier album n’est certes pas exceptionnel mais il tient très bien la route. Le concert est presque décevant par l’attitude du groupe. Ils ne bougent pas ou presque, les mimiques du chanteur prenant des poses à la Ian Curtis ne font pas décoller la chose. Mais musicalement ça se tient plus que bien, mais c’est aussi court que statique sur la scène, ils joueront à peine une demi heure, un poil décevant. Mais à revoir, car à leur décharge, ils sortent d’une tournée qui a l’air de les avoir épuisé.

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Idles.

IDLES vient reprendre la scène et le public là ou Fontaines D.C. les avait laissé. Les similis punks anglais sont déjà passé par le fort, mais c’était il y a deux ans et sur la petite scène ou ils avaient laissé un très bon souvenir. Musicalement c’est assez basique, l’album tient sur 4/5 bons, voir très bons morceaux, mais s’essouffle assez rapidement. C’est plus ou moins la même chose sur scène. Mais c’est sans compter sur le visuel et je ne parle pas de la bannière. Ça commence très fort et dès le second morceau le guitariste se jette dans la foule où il est porté pendant un bon moment avant de regagner la scène. Le chanteur, Joe Talbot, crie plus qu’il ne chante ses textes, secondé par sa section rythmique avec un batteur fou et un bassiste qui n’est pas en reste. Le groupe sait faire plaisir à un public venu nombreux et massé devant les crash barrières. Ça balance, ça crie, ça joue, mais c’est quand même un peu le bordel, c’est rigolo, mais musicalement ça reste beaucoup de morceaux moyens et poussifs qui entourent de bons morceaux. Mais cette énergie sur scène, c’est quand même bien chouette.

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Stereolab.

 

 

La séquence nostalgie, qui a lieu a peu près tous les ans à la Route du rock, nous est offert cette année par STEREOLAB et comme quasiment chaque année c’est la séquence qui me permet de voir un groupe longtemps écouté quand j’étais plus jeune et que je n’avais jamais eu occasion de voir en concert. Et Stereolab fait partie de ces groupes. Par contre passer des fous furieux de Idles à une pop, même un peu noisy parfois, est un peu rude, mais Laetitia Sadier et sa jolie voix ainsi que ses compères nous ont offert un concert de toute beauté, si on met de coté le gros problème de son, entre larsen et son de basse beaucoup trop fort, la musique du groupe est toujours aussi touchante, entre pop et rock, entre noise et jazz tout en subtilité, Stereolab oscille et réjouit un public de connaisseurs.

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Tame Impala.

La foule présente ce soir dans le fort n’est pas venu pour le post punk de Fontaines D.C. ni pour les grimaces de Joe Talbot des Idles, et encore moins pour Pond, et je ne pense pas non plus pour les beaux yeux de Laetitia Sadier, mais pour les australiens de TAME IMPALA. Et ils ne vont pas être déçus. Le groupe débute par son tube « Let it Happen » ce qui met la foule non pas à genoux mais dans un état de plaisir intense. Je ne vais pas vous mentir et vous dire que j’ai trouvé ça très bon, j’avais écouté l’album sans grande conviction et j’en étais vite revenu, mis a part leur tube qui est assez sympa, le reste me paraît tout fadasse. La musique varie entre pop sucrée et rock psychédélique, mais sans grande originalité. Par contre, on sent la grosse machine, tout est à sa place jusqu’aux confettis qui débutent le set. Le public semble apprécier ces beaux gosses barbus et chevelus qui jouent de la musique. Moi ça me laisse de marbre, voire ça me donne envie d’aller faire un tour de l’autre côté du fort pour en entendre le moins possible. Ce que je vais faire en allant boire un coup.

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Black Midi.

Heureusement, il me reste Black Midi pour pouvoir finir cette soirée en beauté. Je ne connaissais pas vraiment le groupe, un peu entendu parler de leur album sorti chez Rought Trade, mais pas vraiment eu le temps de l’écouter en profondeur. Mais leur live fut une très belle surprise. Les jeunes londoniens font un joli bordel organisé, un truc entre math rock, free jazz, et un je ne sais quoi dronesque. C’est impressionnant de maîtrise, autant le batteur qui tape très fort, les guitaristes qui se passent le micro pour des sortes de spoken words ou un chant tombant presque dans le hardcore. Un très bon moment qui termine pour moi un très bonne soirée.

Le vendredi :

 

Foxwarren.

 

Foxwarren.

Andy Shauf est de retour sur la route du rock avec son projet Foxwarren et il a la chance, ou pas, de débuter cette soirée qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices au niveau météo. C’est avec une musique pop/folk qui ne surprend pas par son originalité mais qui est vraiment bien jouée et chouette à entendre. Un petit rayon de soleil avant la pluie.

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Tim Presley White Fence.

Retour sur la grande scène et c’est pour voir, et découvrir dans mon cas, Tim Presley White Fence. Une bien belle découverte, musicale en tous cas, car les musiciens font un peu la gueule. C’est bien dommage, car malgré un coté un peu maladroit, la musique de Tim Presley que je ne me risquerais pas à qualifier, me rappelle le premier chanteur de Pink Floyd : Syd Barret. C’est bien, voir beau par moment mais ça ne tient qu’a un fil et il n’est pas très solide. A certains moments je me demande où il va, et je me rends compte que lui aussi n’a pas l’air de le savoir ! C’est dommage, ça aurait pu être très très bon, mais ce n’est que bon, tout juste. Et la pluie commence à tomber, rien à voir.

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Altin Gün.

Et c’est toujours sur la grande scène que je peux revoir Altin Gün, les turcos/néerlandais étaient déjà passés non pas par la route du rock mais par les Transmusicales de Rennes où j’avais pu les découvrir. Cette musique psychédélique sixties turque est peu connue en France mais elle est très bien mise en valeur par le groupe qui arrive à mettre une grosse partie du public dans sa poche. Ils avaient déjà eu un bon succès lors de leur passage aux Transmusicales, mais là, c’est tout le public du fort qui était en train de danser, chanter et de slamer pour certains. Ils sont souriants, contents de partager leur musique, ça joue bien, mais en fait ça me lasse un assez rapidement. Je ne dois pas être bon public.

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Hot Chip.

Hot chip aura la lourde tâche de continuer à faire danser tout le monde après la demi heure de latence pour le changement de plateau. Normalement prévu pour jouer plus tard dans la soirée, mais Beirut ayant annulé et a été remplacé par 2 many dj’s, ils ont été avancé en milieu de soirée. Ils sont fort les Hot chip, je ne les connaissais que très peu, leur musique éléctro/pop me laisse un peu de marbre, mais j’admet sans problème qu’ils arrivent à faire danser une foule, qui certes, avait déjà été bien lancée par Altin Gün. Tout de blanc vêtu, et placé entre des cloisons qui se colorent joliment grâce au jeux de lumière. Mais ça ne fait pas tout, le public semble apprécier, je trouve ça un peu répétitif et sans relief. Les premiers morceaux me donnent le sourire mais il s’efface au fur et à mesure. Le set, démarré sur les chapeaux de roue, s’essouffle assez rapidement et ce n’est pas les petits sauts et pas de coté des musiciens qui vont lui redonner un second souffle, je laisse tomber au bout d’un moment pour aller me protéger de la pluie qui pour le coup elle, n’a pas faibli. Ils finiront quand même par une chouette reprise de Sabotage des Beastie Boys, et là pas de faute de goût !

 

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Crows.

Retour vers la petite scène pour découvrir CROWS. Dans le texte, c’est un peu garage rock et punk, et cerise sur le gâteau ils sont signés sur le label de Joe Talbot des Idles. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais au début j’ai été assez content de découvrir un groupe qui joue un sombre post punk mâtiné garage rock de de bonne facture. Mais ça c’était au début, passés les premiers morceaux, ça tombe dans les clichés du garage, certes énervé et bien braillé par le chanteur qui fait plus que le job, mais secondé par un groupe finalement assez moyen. Même si c’est un peu aidé par l’heure d’éléctro/pop que je viens de me farcir, je n’arrive pas à y trouver mon compte.

Je passerai rapidement sur le concert de 2 many dj’s qui réussiront à me faire quitter le fort, je n’avais jamais vu les deux gaziers, mais j’en avais souvent entendu parler, en bien. Peut être qu’il y a 10 ou 15 ans ils étaient très bons, drôles etc… Mais là, ils sont complètement tombés à coté de la plaque. Pourtant ça commençait bien avec un morceau des Stooges mais qui finit remixé avec les pieds et qui n’en finit pas, je reste vingt minutes devant pour voir quand même, et ben non, ça ne le fait pas. Une bouillie techno house de mauvaise facture avec laquelle ils arrivent à faire danser les quelques personnes n’ayant pas fui. Je ne les remercie pas, je suis parti avant Crack Cloud dont on m’a évidemment dit le plus grand bien le lendemain.

Samedi :

 

Hand Habits.

Démarrage en douceur avec Meg Duffy aka Hand Habits sur la petite scène, une gentil rock/folk aux airs de Angel Olsen. La guitariste (virtuose) et chanteuse androgyne est déjà passée par le fort avec son copain Kevin Morby pour un concert qui ne m’a pas laissé grand souvenir. En tous cas, sans Kevin et accompagnée d’un bassiste qui ne bouge pas et d’un batteur qui tout en finesse donne du rythme à ses belles compositions, le concert est très agréable.

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DeerHunter.

La bruine qui avait commencé pendant Hand habits devient une vraie pluie et ne va pas vraiment cesser de la soirée, et la musique de Bradford Cox et son groupe Deerhunter ne va pas y changer grand chose. C’est donc devant une foule avec des ponchos colorés et des cirés jaunes et autres, que le groupe débute. La musique de genre indie rock est de qualité, c’est très très bon, je n’avais jamais beaucoup trainé sur ses albums, mais je suis en train de me rattraper. Le concert est vraiment chouette, malgré la pluie battante, le chanteur Bradford Cox, et son look improbable est visiblement ravi d’être là et le fait sentir, le public le lui rend bien.

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Pottery.

Retour sur la petite scène pour assister au concert du quintet montréalais qu’est Pottery. C’est par une reprise de Smooth Operator légèrement accélérée que le groupe de post punk débute les hostilités. Et ça va aller aller crescendo, ne laissant pas beaucoup de place pour le repos de nos oreilles. C’est très bon, mélodique, et tendu à la fois, et le groupe arrive à réchauffer la température qui a tendance à baisser avec la nuit qui est tombée, tout comme la pluie qui continue.

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Et tout à coup sur la grande scène c’est le drame, The Growlers que je ne connaissais pas, arrivent sur scène pour y distiller leur rock garage. Cela eut pu être bon, mais non. Leurs albums ne sont pas mauvais loin de là même si ils n’ont rien inventé, mais sur scène c’est une vraie purge. C’est mou, monotone, mal chanté et sans conviction. Je serais gentil en disant que ça ressemble à un groupe de bal populaire invité pour le mariage d’un lointain cousin en Vendée. Bref, je ne traine pas et vais me mettre à l’abri.

 

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Metronomy.

Puis vient la grosse machine anglaise, les stars de la soirée, Metronomy. La foule se densifie alors devant la scène. On sent bien que beaucoup de gens sont venus pour les anglais. Et c’est un vrai show que le groupe nous offre, montés sur une scène lumineuse avec moult effets de lumière. Joseph Mount le chanteur se présente le premier et tous les musiciens (nes) feront de même, créant un lien gentil mais un peu gnangnan avec le public. Que dire, ça joue très très bien, c’est super pro, et ils arrivent à nous donner un petit aperçu de leur futur album qui ne devrait pas tarder à sortir. Personnellement, ce n’est pas vraiment ma came, mais certains morceaux me plaisent bien, et ils arrivent à faire danser un public qui leur est complètement acquis.

 

Ce sera le dernier groupe que je verrais lors de cette route du rock, un peu trempé, je plie bagage. Je n’ai pas le courage pour attendre Oktober Lieber. Je pense que je vais louper quelque chose encore une fois mais tant pis.

Comme chaque année je ressors de ce chouette festival un peu fatigué mais, avec non pas des paillettes dans les yeux, mais des confirmations sur certains groupes et de chouettes découvertes. Après il y a aussi comme pour tout festival des déceptions, mais rarement des lourdes, plutôt des inconnus qui le seront moins mais maintenant je sais que je ne remettrai pas une oreille dessus avant longtemps. Merci en tous cas au festival et à ses équipes pour conserver ce petit soleil (ou pas) qui arrive à se sortir du lot des festivals de la belle saison. Souvent décrié, il réussit à garder une programmation cohérente et pas emmerdante, peu de groupes vus ici ont été vus autre part cet été, et ça reste un gage de qualité.

Toutes les photos en noir et blanc ont été prises avec un nikon F100 sur de la Kodak Tmax 400 poussée à 3200 iso et développée maison dans du révélateur Tmax. Les photos couleur sortent d’un contax G1 et de la cinestill 800 poussée à 1600 et développée par homemade photo lab.

By | 2019-09-21T07:31:20+00:00 septembre 21st, 2019|Concerts|0 commentaires

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