La Route du Rock – été 2017

La Route du Rock – été 2017

Comme chaque année au mois d’aout, je remets les pieds dans ce chouette festival qu’est la Route du rock.  Chaque année tout ne me plait évidemment pas, mais j’y trouve toujours mon compte. Il y en a toujours un peu pour tout le monde, enfin presque. C’est un festival orienté pop/rock indépendant, avec une programmation qui ne se retrouve pas beaucoup ailleurs.

Le vendredi :

Je ne verrais que la fin du premier groupe sur la scène des remparts, FROTH, style pop un poil nerveuse, un poil hein, pas plus. Sur les 3 morceaux vus, je ne serai pas vraiment convaincu, mais bon, 3 titres c’est peu pour se faire une idée.

Foxygen se met en place sur la grande scène, je ne pensais pas savoir de quoi il s’agissait, je n’avais pas encore entendu la compilation du festival et vu que j’étais déjà en vacances j’avais autre chose à faire que d’aller écouter sur le web tout ce que j’allais voir. En fait, au bout de 3 ou 4 morceaux, je me suis rappelé de ce que faisait ce groupe. Un truc qui oscille entre les Rolling Stones mauvaise période et Wham. Bref, je ne vais pas vous dire que j’ai adoré ça, c’était rigolo sur scène (visuellement) et ça s’arrête là. Les compositions se suivent et n’ont rien à voir les unes avec les autres, c’est foutraque, c’est l’apéritif.

Foxygen.

Il est temps maintenant de passer aux choses sérieuses,  c’est madame PJ Harvey qui fait son entrée sur la grande scène.  Elle est suivie par ses musiciens dont certains sont déjà bien connus. La classe, c’est le mot qui vient en tête quand je sors du concert, la classe de bout en bout. A l’instar de Georges Abitbol, Pj Harvey a la classe, dans sa tenue, sa coiffure, sa façon de chanter de regarder son public, de jouer du saxo, d’être là. Les trois premiers morceaux joués sont piochés dans le dernier album (The Hope Six Démolition Project) qui ne m’avait que peu plu, mais joués comme ça, ça m’a vraiment donné envie de le réécouter, cet opus un peu laissé de coté. Puis c’est au tour de Let England Shake d’être visité, puis quelques autres classiques sont aussi de la partie comme 50 ft Queenie (Rid Of Me) ou encore To Bring you my Love (To Bring You My Love). Un très chouette concert que certains auraient préféré un peu plus rock, un peu moins cuivré, mais on ne peut jamais plaire à tout le monde.

P.J. Harvey.

 

 

C’est Car Seat Headrest qui suit la prestation de Pj Harvey, et ce n’est pas simple. Je ne connaissais pas non plus. Le quatuor va nous livrer un set bien encourageant malgré quelques solos qui n’étaient pas du meilleur gout. C’est pas mal du tout. Mais ce n’est pas sans rappeler des trucs déjà entendus ailleurs et souvent en mieux, je ne citerai que Yo La Tengo. Ce qui m’a laissé un peu sur ma faim, j’avais envie de découvrir et on revient toujours tôt ou tard à imiter le son de ses aînés.

Car Seat Headrest.

Je me retrouve coincé au bar avec un copain qui écrit, quand il le peut, sur Analogic. Nicolas (Merienne) était là pour la soirée et je bois un verre avec lui quand je me rends compte que IDLES a débuté sur la petite scène. Vu que le fort est plein je ne pourrais jamais arriver à temps à moins d’essayer de traverser comme un bœuf toute une foule compacte pour arriver dans la fosse. Tant pis pour moi, je vois et apprécie beaucoup le concert de loin, le son n’en est pas moins bon, et si j’ai besoin de détails les écrans me permettent de voir tout le set correctement. Et c’est à la hauteur de ce que j’espérais ! Les cinq Bristoliens (?) nous donnent à voir un mélange de punk et de rock sans tomber dans le lourdingue, beaucoup de blagues que je ne saisis pas complètement et aussi une énergie à revendre. Pas de photos de scène mais un petit portrait, fait avec un appareil qui n’est vraiment pas fait pour, grâce à l’ami Titouan.

Idles.

L’enchainement est vraiment très rapide entre Idles et Thee Oh Sees, c’est presque dommage, pas le temps de se reposer les oreilles que ça recommence. Par contre plus de punk, peu de blague, mais un garage rock au kilomètre comme John Dwyer et ses différents comparses sait bien le faire sur album comme sur scène. C’est la quatrième fois que je les vois et ça commence à ne plus me plaire du tout. C’est très bon par contre pour les yeux et la photo car le bonhomme saute partout et grimace à tout va. Mais il a beau dire et faire, ça reste quand même du garage rock avec tout ce que ça peut avoir de chiant. Des morceaux qui s’enfilent sans que j’y vois un début et une fin, et j’ai même du mal à en distinguer des différences. Bon rajoutez deux batteries avec deux batteurs qui jouent pile poil la même chose, j’ai du mal à y voir un intérêt. Surtout que je me dis que le lendemain je vais devoir (enfin c’est vrai que personne ne m’oblige) voir les Black Lips qui me laissent dans le même état de fatigue passé les deux premiers morceaux.

Thee Oh Sees.

Je ne verrais pas les sets électro de Helena Hauff et de DJ Shadow. Je regrette fort pour DJ shadow mais il devait jouer plus de deux heures après Thee Oh Sees et je n’avais pas le courage de me taper le froid et la fatigue devant Helena Hauff et son électro très très sombre comme on me l’a raconté le lendemain. Par contre, visiblement pour les courageux, DJ Shadow a fait un live vraiment classe et de très belle tenue.

 

Le samedi.

Ayant trainé un peu à la plage et à la sieste, j’arrive comme presque d’habitude pour la fin du premier groupe qui ce samedi soir était Cold Pumas, ça avait l’air plutôt bien, tant pis pour eux !

Mais par contre ceux que je ne voulais pas louper entre autres c’était Parquet Courts, découverts sur la petite scène ici même il y a quelques années (2013). Le groupe a su évoluer et malgré des albums qui laissaient un peu sur la faim, j’avais hâte de les revoir. Et ben je ne fus pas déçu, même si ce ne fut pas l’explosion de joie. Un peu plus post-punk que précédemment, des titres un peu plus calme. Ils sont moins foufous qu’avant et plus mesurés, ce qui n’est pas vraiment décevant mais peut peut être déstabiliser un peu le public qui était là pour les voir. Ce sera quand même un set de très bonne facture.

Arab Strap.

 

Ce soir, c’est mon soir m’étais-je dit en rentrant dans le fort. La veille il y avait PJ Harvey, mais elle était un peu noyée au milieu de pas mal de choses qui ne m’intéressaient que moyennement. Ce soir, après Parquet Courts, c’est au tour de Arab Strap de monter sur scène après quelques années de silence. Les écossais s’étaient tus en 2006 avec quand même six albums studios à leur actif et pas grand chose à jeter. Ils ne sont pas sur scène juste pour me faire plaisir à moi et à quelques vieux connaisseurs, mais ils viennent de sortir une compilation qui retrace leur dix ans de carrière, et ils nous offrent une petite tournée ou ils jouent quasiment partout à guichet fermés.

Arab Strap.

Temples prennent place sur la grande scène, j’avais gardé un vague souvenir de leur première prestation. La deuxième ne me touchera pas plus, c’est joli, ça chante bien, très bien même. Mais ça ne fait pas tout, non, définitivement c’est beaucoup trop lisse. Temples.

Mais ce qui allait suivre me convenait beaucoup plus. Les écossais, de The Jesus & Mary Chain, montent sur scène. Les frères Reid, à coté desquels les frangins Gallagher (Oasis) sont des petits joueurs au niveau haine familiale. Mais ils ont réussi à passer assez de temps ensemble pour enregistrer un album de bonne tenue, sans plus. Seul devant le public au rôle de frontman, Jim, le chanteur se fait plaisir au micro. Aidé par son frère William à la guitare qui ressemble, les années faisant, de plus en plus à Buzz Osborne des Melvins. Il ne quittera pas l’arrière et ses amplis. Des classiques seront joués parmi lesquels Darklands,  Psychocandy et Honey’s dead, que je reçois avec grand plaisir, mais aussi Kill Surf City, et quelques titres du nouvel album avec l’aide au chant d’une chanteuse dont je n’ai pas retenu le nom.

The Jesus & The Mary Chain.

Les Black Lips enchainent sur la petite scène, bon, pas convaincu avant d’y aller, j’en ressort encore moins charmé. Un subtil mélange de punk bas de gamme, de garage, avec comme liant un saxo. Je n’adhère pas du tout, vraiment, je n’arrive pas à y discerner quelque chose de potable, j’ai l’impression d’un bordel ambiant ou tout le monde joue sa partition mais personne n’a la même. C’est bien énergique mais ça s’arrête là.

Black Lips.

Je me retrouve devant la scène pour un truc qui divise pas mal de copains, les Future Islands. Je ne connaissais pas du tout, hé ben, je ne creuserai pas plus. Une espèce de pop synthétique avec un mec au milieu de la scène qui ressemble à François-Xavier Demaison. Il passe son temps à hurler/chanter en se tapant au choix la tête et le buste, et en lançant du love en veux tu en voila. Rigolo pendant 5 minutes, au bout d’un quart d’heure je finissais par ne plus rire à ce que j’avais pris pour une blague, au début.

 

Future Islands.

 

Le dimanche.

En Dimanche tu bulles comme un gros manche. Et comme le vendredi et le samedi, je loupe le premier groupe, ça devient récurrent de jour en jour voire d’année en année. En vrai, j’en vois les 5 dernières minutes. C’était The Proper Ornaments et ça n’avait pas l’air mal.

Je me place bien du coup pour ne pas louper Angel Olsen, car même si sa country/folk me laisse un peu de marbre, j’avais un bon souvenir de la jeune femme sous la pluie avec sa serviette sur la tête, il y a 3 ans sur la petite scène. Cette fois ci, c’est sous le soleil qu’elle débute son concert, plus rock au départ, se tournant vers un style americana auquel je n’adhère pas du tout. La souriante Angel olsen ne parvient pas à me ravir.

Angel Olsen.

Retour sur la petite scène des remparts pour y découvrir Yak. Un trio londonien, qui contrairement à ce qui était marqué dans le livret, nous envoient un rock bourrin, un peu garage, un peu classique, sans vraiment tomber dans l’originalité, mais c’est vraiment pas mal.

Yak.

Le suivant est aussi un revenant dans le fort, comme Angel Olsen. D’ailleurs c’est en 2014 que j’avais découvert le Mac Demarco. J’avais, dans mon souvenir, trouvé ça légèrement chiant, mais rigolo. Cette fois ci, c’est un peu la même chose mais sans le rigolo et sans la surprise. Pourtant le gars à l’air gentil comme tout, il fume ses clopes sur scène, il boit ses bières en faisant des blagues, il fait le guignol, mais bon dieu, musicalement c’est mou, ça n’avance pas, bref c’est chiant. C’est pourtant typiquement le type que t’as envie d’aimer tellement il a l’air sympa.

Mac De Marco

 

Mon avant dernier concert de la soirée sera Interpol. Je suis complètement passé à coté des anglais. Je me dis que vu que le public s’agglutine devant la scène et cela même avant le concert, j’ai peut être loupé quelque chose. Et paf, ça me revient, je reconnais un morceau et je me souviens pourquoi j’étais passé à coté de ce groupe. Ils font une espèce de resucée de Joy division qui ne me plait guère. Ce n’est pas mauvais, loin de la, c’est classe même, ça joue bien, vraiment mais je retrouve trop les accents de la fin des années 70 qui m’ont plu et comme sans doute je l’ai déjà dit précédemment dans un article je préfère toujours les originaux aux copies (souvent pâles).

Interpol.

 

Le dernier live du festival pour moi sera Moonlandingz. Le chanteur branleur de Fat White Family s’est acoquiné avec des membres de The Eccentric Research Council. Et c’est assez bien, un peu foutraque entre du glamrock et de la pop tendance krautrock. Lias Saoudi (le chanteur) est toujours un branleur, de par son « jeu » de scène, sa façon de chanter, mais ça le fait très très bien !

Je ne resterai pas voir Ty Segall, que j’ai déjà vu seul ou avec un de ses projets et qui m’emmerde au plus au point. J’ai déjà vu son acolyte (Thee Oh Sees) vendredi, ce n’est pas pour me faire remettre une couche de garage sur une tartine qui en déborde. Merci mais non.

 

Merci aux artistes, à Laurent , à l’équipe de la Route du Rock, à Titouan, et à tous ce que j’oublie.

Les photos noir et blanc ont été faites avec un nikon F100 sur de la tmax 400 poussée à 3200, développée maison, les photographies couleur avec un contax G1 sur de la cinestill 800 poussée à 1600 et développée par Homemade photo lab, le portrait de IDLES à été fait avec un horizon 202 sur de la fuji superia.

 

 

By | 2017-11-17T19:18:22+00:00 octobre 13th, 2017|Concerts|2 Comments

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2 Commentaires

  1. Frédéric P. 17/11/2017 à 9 h 34 min ␣- Répondre

    Un style vraiment désespérant et dépriment pour un blasé inculte qui ferait mieux de rester à la maison en vacance à écouter les disques de ces groupes ou artistes préférés… Et ainsi faire une bonne sieste l’après-midi et se coucher pas trop tard. Le festival étant seulement d’une durée de 4 j.
    Merci pour les photos, quoique… (les bonnes légendes seraient de bonne aloi). Personnellement je trouve que l’affiche de cette année 2017 était encore une belle palanquée d’artistes sur la route des festivals et c’est toujours une chance que l’équipe du festival se décarcasse pour en attraper la quintessence. J’ajouterai que la présence de The Jesus & Mary Chain (sans le 2ème « The » svp) était à noter et quasi inespéré puisque le groupe n’est venu que très rarement jouer en France et que le premier album (de cette reformation initié en 2007) est une bombe comme les deux frères Reid n’en avaient pas fait depuis « Darkland » et surement pas « Honey’s dead » l’un des pire qu’ils aient commis. Maintenant la comparaison avec Oasis… je vous laisse juge.
    Concernant Black Lips, Ty Segal, Mac DeMarco,, Yak, Temples ou Foxygen… Disons que nous pouvons apprécier votre sincérité lors de quelques mots égrainés tout au long de votre article paru près de 3 mois après l’évènement mais vous oubliez au passage que la plupart de ces groupes sont le renouveau de la scène Pop, Rock, Garage… ou ce que vous voudrez. S’ils sont en bonne place sur l’affiche de ce grand festival français c’est peut-être aussi pour de bonnes raisons mais surement pas les comparaisons dont vous faites état. Cordialement.

    • Renan Péron 17/11/2017 à 19 h 20 min ␣- Répondre

      Merci pour votre commentaire, j’en prends bien note.

      cordialement de même

      renan

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