Il a fallu un peu de temps avant de pondre cet article sur ce chouette festival qu’est La Route Du Rock. Je pense que j’arrive après tous mes collègues chroniqueurs. Pas facile l’argentique. Il faut développer, scanner, passer beaucoup de temps à enlever les poussières, et puis à la fin retrouver le nom des artistes sur les photos. Pour certains, c’est facile mais pour d’autres un peu moins.

Hinds-4

Hinds.

Cette année encore le festival m’a gâté avec les vieux sur le retour. Thurston Moore par exemple, qui pour ceux qui ne le connaîtraient pas a fait longtemps partie du groupe un peu culte Sonic Youth. Il nous a livré un concert parfait, jouant beaucoup de titres de son dernier album mais sans oublier qu’il avait aussi une propension à faire sonner sa guitare comme personne et surtout en la collant sur une enceinte. Un bonne grosse classe le bonhomme, comme son concert.

Thurston Moore-3

Thurston Moore.

En parlant des vieux, le retour assez attendu par pas mal de gens de ma génération qui ont été bercés par le son et le chant qui leur est propre : les représentants du mouvement « shoegaze », à savoir RIDE. Je les avais vus il y a bien longtemps (au moins 20 ans) sur scène et je n’en garde pas un très bon souvenir. Mais pour le coup, pour ce que j’en ai vu (je ne suis pas resté plus de 6 titres) c’était assez chouette, sans doute les quelques premiers morceaux joués m’ont évoqué de bons souvenirs.

Ride-5

Ride.

Pour ce qui est des « petits jeunes », de belles rencontres sur la petite scène qui avait changé de place cette année et était vraiment bien placée cette fois-ci. Pour commencer Algiers, très bien sur scène, Wand qui était pas mal mais ne me laissera pas un souvenir indélébile. Puis pour le même soir, Girl Band, pas mal malgré un chanteur un peu braillard et un concert un peu fourre tout. Le lendemain, je n’ai pas vu le premier groupe Only Real. Les avis étaient divergents. Bon visiblement, je n’ai pas loupé le groupe de l’année. Par contre, j’arrive sur les débuts de Hinds et là, déception. Sur le papier, on me parlait d’un rock Lo-fi et sur scène je n’ai eu droit qu’à une bouillasse tiédasse et surtout très mal jouée. Bref, les petites espagnoles confondent sans doute jouer avec peu de moyens (lo-fi) avec ne pas savoir jouer avant de monter sur scène. Je n’irai pas écouter l’album, j’ai déjà eu assez mal aux oreilles comme ça. Puis la soirée sur la petite scène se finit par Spectres et ça c’est ma foi une très bonne surprise. Une sorte de noise (beaucoup de bruit blanc) maitrisée avec un chant qui sort du genre, vraiment très belle trouvaille du festival et je les en remercie. Le troisième jour sur la petite scène toujours le seul truc vraiment intéressant attendu et vu était Viet Cong, et je ne fus pas déçu. Un rock péchu avec quelques touches de post rock, et qui en plus envoie vraiment sur scène. Ca joue bien, ça sonne bien, un plaisir.

Spectres-1

Spectres.

Le reste, Timber Timbre fut très bon à mon goût mais vous ne verrez pas de photo du concert car le monsieur a visiblement un problème avec son apparence, rien de grave. Le concert était constitué de beaucoup de morceaux piochés sur les deux derniers albums, et le chant faisait parfois penser à Stuart A Staples des Tindersticks, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire. La petite princesse islandaise Björk a des problèmes dans sa tête et avec ses albums qu’elle ne peut pas physiquement interpréter sur scène (sic). Foals qui la remplace nous offrira un bon concert et aura l’intelligence de ne faire rentrer les photographes que pour les trois derniers morceaux, qui seront d’ailleurs le point chaud du concert avec la descente du chanteur dans la fosse et le public. Je ne suis pas un fan du groupe mais ils sont quand même forts sur scène.

Foals-5

Foals.

Les déceptions, je m’y attendais mais il y a en festival toujours des groupes qu’on va voir pas à reculons mais presque, et cette année la palme revient à Fuzz. Déjà, le petit texte qui présentait une énième formation de Ty Segall me faisait peur. En effet, lui comme ses copains nous font souvent deux ou trois disques par an et c’est au final super inintéressant, une bouillie rock garage au kilomètre qu’ils coupent toutes les trois minutes et gravent sur un cd et attendent qu’on crie au génie. Je ne vais pas me faire que des copains sur ce coup là mais je classe tout ces néo garageux dans le même sac et Thee Oh sees de même. Bref je ne m’attendais à rien, et je ne fus pas déçu, un rock un peu plus lourd que d’habitude mais en gros le même morceau du début à la fin, joué par un trio maquillé avec un mauvais goût certain et emmené par Ty Segall à la batterie et au chant, aucun intérêt.

Fuzzz-3

 

FUZZ

Il y aura aussi The Soft Moon qui me laissera sur le cul avec son premier morceau qui lorgnait vraiment du coté de Nine Inch Nails. Je me suis réjoui mais beaucoup trop vite, le reste a été à la hauteur de ce qu’ils font d’habitude c’est-à-dire un rock teinté année 80 avec des faux relents de new/cold wave et un chanteur qui veut paraître habité par ce qu’il chante et qui, en fait, n’est qu’une caricature de ce qui se faisait il y a trente ans.

The Soft Moon

The Soft Moon

Et pour finir dans la méchanceté, un truc que je ne pensais pas connaître à savoir RATATAT. Et ben si, en fait j’en avais entendu des bouts mais bien incapable de dire où. Ratatat c’est deux gars avec une guitare chacun et une pédale d’effet qu’ils se partagent. Au début, enfin pendant cinq minutes c’est rigolo, un quart d’heure c’est lassant, mais une demi heure plus tard je priais pour que ça s’arrête, parfaitement insupportable, le même son du début à la fin, aucune inventivité, rien. Aucun intérêt !

Ratatat

Ratatat

Et il y aussi ceux qui ne m’ont pas fait grande impression, Father John Misty avec son folk rock crooner, Savages qui joue bien, très bien même mais qui ne véhicule aucune émotion, et je dois en oublier.

Father John Misty

Father John Misty.

Comme chaque année et deux fois par an, c’est quand même toujours un plaisir de participer à ce festival, l’édition hiver qui se passe dans une salle sympa, et celui d’été qui a lieu dans un chouette site. La programmation est toujours alléchante, même si évidemment tout ne me plaît pas mais elle s’adresse quand même à un public averti. On est loin des vieilles charrues et consorts avec leur programmation qui plait de 7 à 77 ans.

 Toutes les photos ont été prises avec mon nikon F100 sur de la pellicule Tmax 400 et poussée à 3200 isos puis développée dans du révélateur TMAX.