Quatre soirs de route du rock cette année, un passage par la salle de Saint Malo Nouvelle Vague pour une soirée avec Clinic, Julia Holter et Austra, trois artistes du label Domino, je ne reviendrais pas sur cette soirée vu que je n’y étais pas…

Local Natives-2

Nous voici donc de retour un an après dans le fort Saint Père. L’année 2012 fut plus que décevante au niveau de la fréquentation, sans doute une programmation trop élitiste disent certains, mais en même temps on ne vient pas à la route du rock comme on va aux vieilles charrues, ici pas ou peu de drapeaux bretons, pas de familles entières du petits fils au grand père, ici on vient savourer une programmation tendue. Ici pas de Skip the Use ou de Shaka ponk, etc… Un peu de rock, beaucoup de pop, un peu de folk, un peu de post rock, et une dose d’élécro, et beaucoup d’indépendants, c’est donc cela qui fait la renommée du festival.

Moon Duo-1

Cette année pour commencer en beauté et sans doute aussi remplir le fort, Nick cave est venu, mais il n’est pas venu seul, avant lui quelques petites choses bien appétissantes ma foi, tout d’abord Iceage, les jeunes danois ont la dure tâche de jouer en premier sur la grande scène devant un public clairsemé, en plein soleil. Tendance punk, voire Hardcore presque, ils ne sont pas aidés avec un son que je qualifierais de pourri, ce qui rend avec tout le reste(horaire, soleil…) leur prestation plus que moyenne. Vient donc le moment de se frayer un chemin vers la seconde scène qui cette année à été décalée vers l’extérieur du fort, à l’entrée du festival, si la déplacer n’est pas une mauvaise idée, l’agrandir encore moins, la mettre dans un endroit ou ceux qui arrivent au festival vont croiser ce qui quittent la grande scène pour venir voir les artistes sur la petite scène appelée scène des remparts. Ayant un peu d’avance, je peux me glisser dans la fosse, et découvrir le groupe Moon Duo qui démarre quelques instants plus tard. Eric Johnson chanteur et guitariste du groupe Wooden Shijps, forme ce duo avec sa femme Sanae Yamada, en fait c’est un peu un Wooden Shijps avec un seul barbu, et donc moins de guitares, mais la musique est très proche du second groupe du chanteur guitariste, à savoir un rock tendance psychédélique, une rythmique Krautrock, et une musique basée sur des boucles se répétant à l’envie, mélangez tout cela à un peu de guitare Fuzz et une voix féminine, un moment de bonheur, pour moi en tous cas. Retour non sans mal, car quitter la scène des remparts est aussi hardi que d’y venir, vers la grande scène ou vont jouer le groupe de pop indépendante Local Natives, pas grand chose de neuf sous les étoiles depuis la dernière fois il y a 3 ans à la Route du Rock hiver, le chanteur guitariste arbore toujours sa moustache, le set est rempli de musique pleine de bons sentiments, voire trop, ça joue bien, c’est lisse, ça glisse tout seul et ça finit par être chiant, oui chiant, ils sont sympa et tout et tout mais au bout d’un quart d’heure j’en ai déjà marre et je ne suis pas le seul d’après les commentaires, et les bars remplis. Puis c’est Nick Cave, accompagné de ses Bad Seeds, l’artiste australien est en forme, après un premier morceau assez calme ou nous avons le droit de rester dans la fosse le photographier, son manager arrive et nous vire à coups de pieds dans le cul, Nick Cave il est cool mais faut pas rester l’emmerder avec nos appareils photos. Je comprendrais un peu plus tard pourquoi. Les morceaux s’enchainent, des grands classiques, comme Stagger Lee, Tupelo ou encore Deanna, ou certains morceaux de Jubilee street son dernier album. Je comprends mieux à présent la célérité du manager à virer les photographes, en effet, Nick Cave passe beaucoup plus de temps dans la fosse que sur la scène, voire même sur les barrières de sécurité, du coup les morceaux sont plus criés que chantés, peut être un peu plus de temps sur scène n’aurait pas été plus mal pour le public qui du coup à part les premiers rangs ne le voient quasiment pas et entendent une voix leur scander les classique du sieur Cave. Changement de plateau et c’est autour du groupe le plus imprononçables de ces vingts dernières années de passer sur la scène à savoir les  » ! ! !  » prononcer Tchk tchk tchk… Super les gars pour faire le buzz (comme on dit maintenant) ou pour trouver des infos sur le web on a pas trouvé mieux ! Le collectif car il ne s’agit pas d’un groupe attention, c’est à la mode ça aussi les « Collectifs » à croire que de monter un groupe c’est Has Been, bref, !!! est sur scène avec un chanteur en caleçon et un collectif qui le suit musicalement parlant, eux ont gardés leur pantalons. Le groupe soi disant entre punk et punk oscille plutôt entre un funk des années 80 et un rock sans gout. Pour moi la soirée s’arrêtera là, je vais louper les excellents Electric Electric et les Fuck Buttons que je ne connais pas, mais je travaille tôt et je dois rentrer sur Rennes.

Efterklang-1

Le Vendredi commence sur la scène du fort avec Jackson Scott, de la pop, c’est touchant, fait avec un certain minimaliste, un micro, une guitare, le public apprécie. Retour sur la grande scène pour WOODS, le groupe de Brooklyn, qui a derrière lui sept albums sur leur label, pour sept ans d’existence ce n’est pas mal. Ils jouent plutôt folk, tendance psychédélique, un truc entre Neil Young et les Byrds. Puis vient le groupe du froid, les danois d’EFTERKLANG, bon au début ça ne m’a pas passionné, la pop tendance un peu électro, c’est pas trop mon truc, mais à force de belles voix, d’un chanteur dandy, des mélodies ciselées, on se laisse prendre, c’est comment dire, rafraichissant. Je n’arriverais pas à temps pour entrer dans la fosse pour les ALLAH-LAS nouvelle sensation psyché-surf qui tire la couverture des Beach Boys pour sortir des morceaux qui sonnent plus west coast sixties que les vrais ou presque, rien de nouveau sous le soleil. Et Boom, c’est l’heure de la grande messe, Les GODSPEED YOU BLACK EMPEROR montent sur scène, les ayant déjà vu à Nantes il y a quelques mois, je savais que ce n’était pas là ou j’allais faire mes meilleures photos. Ils jouent à leur habitude dans le noir et en cercle, et sont aussi démonstratifs que des morts vivants,donc pas de photo ou très peu, mais par contre ça joue et bien, sachant que leurs morceaux peuvent durer plus d’une demi heure sur disque, je vous laisse deviner combien de morceaux ils ont pu jouer en une heure et demie. Par contre ils on réussi à diviser le fort St Père, il y a les pour, et les contres, ceux qui ne communient pas et ceux qui reviennent chercher l’hostie, j’ai entendu des avis bien tranchés dans un sens comme dans l’autre, on aime ou pas, peu d’avis tièdes. Je me rends avant le fin de la session vers la scène de la tour ou ZOMBIE ZOMBIE se prépare, et eux je ne veux pas les louper, on m’en a dit le plus grand bien, le projet de Cosmic Neman le batteur de Herman Düne et d’Etienne Jaumet saxophoniste et grand collectionneur de claviers et divers instruments analogiques dont il joue particulièrement bien, ajouter un second batteur et vous avez ZOMBIE ZOMBIE, et bien ce fut un plaisir partagé par eux, moi et le public. Un grand mélange de Krautrock de jazz, de rock, on dirait du CAN mélangé avec du SUN RA, et parsemé de BO de John CARPENTER le tout bien énergique, très très bonne découverte. Puis c’est au tour de Bass Drum Of Death de monter sur la grande scène. Nous sommes un peu envahi de ces groupes garage (Ty Segall, Thee Oh sees,etc…) et Bass Drum Of Death en fait partie. Rien de neuf sous le soleil, trio basse guitare batterie, énergique, les morceaux dépassent rarement les 2 minutes et demie, ça se laisse écouter mais ça ne révolutionne pas le genre.

Concrete Knives-1

La dernière soirée, le samedi nous donne à voir le duo WINDOWSPEAK, de la pop éthérée, un peu à la Mazzy Star, mais en beaucoup moins bon tout de même, passons et allons voir JUNIP sur la grande scène, c’est pas mal ça oscille entre pop et folk avec une voix nasillarde, rien de neuf non plus. Les normands de CONCRETE KNIVES montent sur scène et jouent leur pop rock avec beaucoup d’énergie, c’est toujours sympa de les voir, toujours un grand sourire, toujours des mélodies alliées au chant qui font mouche, je n’irais pas acheter leurs albums, mais c’est un plaisir à voir sur scène. Revenons sur la petite scène pour découvrir PARQUET COURTS, et là une claque, je n’avais jamais entendu parler d’eux, rien entendu d’eux, et bien ce fut très bon ! Un rock brut, urgent et sans fioritures très très intéressant ! Le temps de rejoindre la fosse de la grande scène et TAME IMPALA démarre, petits chouchous d’une certaine presse « musicale » (inrock, etc…) je m’attendais à une belle surprise, et ben je us bien déçu. J’ai trouvé ça limite chiant, leurs envolées lyriques, leurs sons à la Pink Floyd ne m’a pas et c’est peu dire touché. HOT CHIP par contre sur lesquels je n’aurais pas misé ma chemise, m’a bien plu, une électro pop de bonne facture, bien dansante, et qui doit beaucoup à un chanteur qui ne ressemble pas à grand chose mais qui arrive à me faire aimer ce qu’en général je déteste, des beats dansants, de la guitare funk des claviers séquencés, de très bonne facture !

Merci à LA ROUTE DU ROCK pour l’accréditation.

Photos faite avec un NIKON F100, kodak TriX à 1600 isos.