La Route du Rock 2018 session été

La Route du Rock 2018 session été

La Route du Rock, comme chaque année au milieu du mois d’août, le festival prend place dans le fort Saint Père, non loin de Saint-Malo. Comme chaque année, je vais vous raconter avec tout mon objectivité ce que j’y ai vu, et ce que j’y ai aimé et évidemment ce que je n’y ai pas du tout aimé.

Vendredi :

 

Le premier jour de festival est pour moi le vendredi, je loupe quasi systématiquement le jeudi soir qui a lieu dans la salle Nouvelle Vague de Saint-Malo, là ou se passe aussi la version hiver du festival en février. Premier jour donc et premier groupe à se produire sur scène, Le Villejuif Underground. De l’écurie Born Bad, issus de la région parisienne, ils accueillent un chanteur australien. La petite scène sur laquelle ils jouent ne leur suffit visiblement pas. Le chanteur descend régulièrement dans la foule pour scander ses textes sur un fond de rock plus ou moins garage, punk et je ne sais trop quoi encore. Ils ont de l’énergie à revendre, et c’est pas mal, une bien bonne mise en bouche, devant un public un peu clairsemé et accablé par un chaud soleil.

Le Villejuif Underground.

 

Les Limiñanas prennent place sur la grande scène. Je les ai vu à de nombreuses reprises, du duo du départ au big band actuel. Le groupe fait  beaucoup parler de lui depuis quelques temps et c’est bien normal. D’abord avec leur cinquième album enregistré par Anton Newcombe de The Brian Jonestown Massacre, puis avec leurs prestations scéniques. Celle-ci n’échappe pas à la règle. Le groupe, malgré l’heure précoce joue avec une joie non dissimulée, des titres récents et des plus vieux. Anton Newcombe qui jouera plus tard dans la soirée avec son groupe, vient les rejoindre pour « Istanbul is sleepy » sur lequel il chante sur le dernier album. Comme d’habitude, ils nous font profiter d’un très bon moment.

 

The Limiñanas.

 

Un peu de repos, puis c’est au tour de Grizzly Bear. Sur la grande scène, le quintet semble un peu perdu. Grizzly Bear, c’est américain, c’est plus ou moins de la pop/folk. Pour ceux qui connaissent les chouettes Midlake, c’est un peu pareil en moins enthousiasmant pour ma part. C’est joli comme tout, la musique, les arrangements, les voix, mais sur scène les deux frontmen ont un charisme d’une huitre tiède. Vous rajoutez en plus un ingénieur son un peu dur de la feuille avec le doigt coincé sur les basses et vous obtenez un concert navrant. Le genre de groupe qu’on écoute le dimanche après midi pluvieux, bien collé à son canapé.

 

 

 

Grizzly Bear.

 

Et là, de retour à la route du rock, et sur la petite scène voici venir Shame, petit groupe anglais d’à côté de Londres, ils créent parmi certains l’engouement. J’avais déjà dit ce que je pensais de leur concert lors de leur dernière venue à la Route Du Rock session hiver. Je ne vais pas recommencer. J’ai écouté plusieurs fois l’album qu’ils ont enregistré entre temps et ma première impression était la bonne. Deux voire trois morceaux convenables puis la sauce retombe aussi sec. Le concert de ce soir est de la même envergure, après deux ou trois titres. Le chanteur a pourtant une bonne voix et une bonne gueule. Malgré une capacité à faire plaisir aux photographes en bougeant partout, descendant même de la scène pour aller à la rencontre du public,  il s’essouffle vite. Comme d’habitude au quatrième morceau, ça se recasse la gueule. Le chanteur se calme d’un coup, il s’assoit sur les retours et la musique, ni mauvaise ni excitante du début, laisse place à un mélange de punk rassis et de rock mal digéré. Une mixture assez peu ragoutante. Concert qui pouvait être une ode au film de Julian Temple,  The Great Rock’n Roll Swindle (la grande escroquerie du rock’n’roll).

Shame.

 

La tête d’affiche de ce soir, c’est l’ancien rennais et un des maîtres de la pop française, Etienne Daho. Pas de photographes dans la fosse, chose qui est habituelle pour le monsieur. Donc pas de photos. Je n’attendais rien de ce concert, je n’ai jamais acheté ou possédé un album de Daho. Mais comme tout bon français qui écoute un peu de radio ou s’intéresse un poil à la musique, j’avais entendu une bonne partie de ses titres. Le concert était chouette, vraiment. Une sorte de Best Of où je me surprends à reprendre certains titres en chantant tout bas (pour ne pas me faire voir, je tiens à ma crédibilité). Certains classiques comme « week end à Rome » sont réorchestrés pour l’occasion et avec les musiciens de studio qui jouent pour lui, Etienne prend un plaisir non feint à revenir sur une carrière qui commence à être longue. 

J’enchaîne directement, ce qui fait un sérieux contraste, avec le rock psychédélique des Black Angels. Ayant trainé un peu après le concert de Daho, je n’arrive pas à traverser la foule à temps pour rejoindre la fosse photographe. Je verrai donc de loin le concert des texans. Je n’ai jamais vraiment écouté ce qu’ils produisaient, j’avais juste entendu deux ou trois titres sans jamais me pencher plus que ça. Tirant leur nom d’un morceau du Velvet Underground, leur musique aurait pu être faite dans les mêmes années, du rock psychédélique comme on n’en fait plus (peut-être que ce n’est pas un mal d’ailleurs). Le concert est très plaisant, et me donne envie d’en écouter plus, ce que je n’aurais pas dû faire. Il vaut mieux les voir en concert que d’écouter leurs albums studios, un peu chiants à mon goût.

Et pour la première fois à la Route du Rock en pas loin de 30 ans de carrière, la bande d’Anton Newcombe, alias The Brian Jonestown Massacre (qui a changé maintes et maintes fois de musiciens) est sur la grande scène du fort. Pour ceux qui avaient vu le groupe il y a longtemps ou découvert le groupe dans l’excellent film DIG, les choses ont changé. La vie berlinoise d’Anton Newcombe l’a bien calmé. Moins de drogues, moins de prises de gueule contre les musiciens ou le public, ou tout ce qui traîne autour. Finalement c’est beaucoup mieux. Le groupe s’est posé et il reste la musique. Bien sûr rien d’exceptionnel, ni d’inventif dans ce que vont jouer les américains, mais ils le jouent très très bien. De ballades folks au garage psyché, des fois assurés par les chants féminins. Ils auront joué une petite partie de leur long répertoire en incluant un ou deux nouveaux titres. Un bon concert pas vraiment surprenant mais un bon moment.

The Brian Jonestown Massacre.

Samedi :

La soirée débute par la gentille pop de Max Clarke alias Cut Worms. Le new-yorkais joue une musique qui n’est pas sans rappeler les Beach Boys durant la période Pet Sounds, voire les Beatles de la période Revolver. Avec quelques incursions du coté de la country mais toujours tendance pop.

Cut Worms.

 

Josh T. Pearson, un autre des américains de la soirée, débute sur la grande scène, presque avant la fin de Cut Worms. Pas beaucoup de temps pour se préparer à entendre ce à quoi je ne m’attendais pas du tout. J’avais écouté le premier groupe du sieur barbu, Lift To Experience, il y a longtemps, mais je dois avouer que ce que j’avais écouté de Josh T. Pearson m’avait laissé un peu de marbre. C’est plutôt folk, joli, acoustique souvent. Ce soir, c’est sans barbe et avec une coupe de cheveux pas vraiment chouette qu’il revient. Toujours un peu folk, mais plus électrique cette fois, ça tire même vers le swamp rock à la Sixteen Horsepower, voire à la country de haute volée. Plutôt un chouette concert.

 

Josh T. Pearson.

 

John Maus devait se produire ensuite sur la petite scène, mais suite au décès de son bassiste, et qui était aussi son frère, il est remplacé par Jonathan Bree, un australien dont je n’avais jamais entendu parler. Et bien c’est une belle surprise et une chouette découverte. Sur scène c’est un peu déroutant, un type au centre avec un micro, derrière lui un second type haut perché à la basse un batteur, et deux danseuse. Vu comme ça rien d’exceptionnel, mais imaginez vous tous ces gens en costume d’Amish avec une espèce de bas blanc qui leur sert de masque et recouvre leur visage. Musicalement parlant c’est une vision assez sombre de la pop avec beaucoup de cordes et de jolies mélodies. Mais par contre rien sur scène à part quelques notes de basses et la batterie. C’est un peu décevant, mais on se laisse « envoûter » par la très chouette musique.

Jonathan Bree.

 

Et c’est au tour de Patti Smith d’apparaître sur la grande scène. Les photographes sont, comme l’année dernière pour PJ Harvey, séparés en deux groupes : l’un à droite, l’autre à gauche de la scène (pour seulement deux morceaux). Sans doute la dame à envie de descendre dans la fosse pour saluer de plus près son public ? Sorti de ces tribulations photographiques, le concert à lieu sans grande surprise, à part peut être la pitoyable reprise de « Beds are Burning » de Midnight Oil. Les classiques « People Have The Power », « Gloria » (reprise de Them) ou autres dont je ne me souviens pas du nom. Elle lira aussi des poèmes, c’était un poil chiant je dois admettre, même si j’ai beaucoup de respect pour l’artiste.

Patti Smith.

 

De retour sur la petite scène pour retrouver Ariel Pink. Le californien était déjà venu lors d’une session hiver du festival, et ce fut pour moi une bien bonne découverte, j’avais envie de le revoir, après avoir écouté ses quelques enregistrements studios. Et bien que ne fut pas une surprise : j’ai passé un très agréable moment. Toujours foutraque, toujours barré, Ariel fait le show, accompagné de très bons musiciens, et d’un sosie d’Alice Cooper aux choeurs. Ça oscille entre la pop, le rock, une sorte de discopop, bref un ovni.

Ariel Pink.

Le dernier concert de la soirée pour moi sera Nils Frahm. Décrit comme un des maîtres moderne du classique, le pianiste et multi-instrumentiste allemand joue surtout sur les boucles. Soit il les joue sur son piano, soit il les produit avec ses nombreuses machines. Finalement, de moderne il reste surtout l’électro, même si jouée avec un piano. Ça ressemble beaucoup à pas mal de choses que l’on retrouve dans l’électro.

Nils Frahm

Dimanche :

Je ne pourrais pas trop traîner ce dimanche soir, pour cause de boulot très tôt le lendemain. Je commence par voir King Tuff. Un copain des garageux tel Ty Segall, ou Thee Oh Sees, qui fait presque la même chose en beaucoup moins bien, sauvé par son look. Le concert est assez inégal, voire complètement dispensable.

King Tuff.

 

Je retourne vers la grande scène pour voir mon dernier concert de cette session été de la route du rock 2018 à savoir les Protomartyr. Des américains qui sonnent comme des anglais, ou plutôt comme un Mark E Smith à la voix mais sans The Fall derrière lui. Chouette concert, du post punk au punk tout court, le quatuor ne bouge pas sur scène, ou très peu, mais ça n’empêche pas au public de passer un très bon moment.

Protomartyr.

 

Un grand merci à la route du rock (merci encore Maxime), aux bénévoles, à la sécurité (Laurent & Erwan), aux groupes, aux copains, à Alter1fo et aussi à Fred Rock pour son site plein d’informations : la route du rock non officiel 

 

Les photos en noir et blanc ont été prises avec mon fidèle nikon F100 sur de la tmax 400 poussée à 3200 et développée dans du Microphen. Les photos couleurs sortent de mon non moins fidèle contax G1 sur de la Cinestill 800 poussée à 1600 et développée par Lionel Faure et Homemade photo lab.

By | 2018-09-26T18:00:26+00:00 septembre 24th, 2018|Concerts|0 commentaires

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