Idles à l’Epicerie Moderne (Feyzin)

Idles à l’Epicerie Moderne (Feyzin)

Quoi de mieux pour démarrer l’année que de parler du meilleur concert que j’ai vu l’année passée ? Pour la sortie de son merveilleux album « Joy as an Act of Resistance », le groupe Idles est passé par l’Epicerie Moderne de Feyzin (quelques kilomètres au sud de Lyon) à la fin du mois de novembre. Enorme claque !

J’avais déjà goûté aux joies scéniques du groupe lors du TINALS. La puissance de sa prestation avait démonté la mâchoire de toutes les personnes présentes. C’est donc avec impatience (le mot est faible) que j’attendais de les voir pour un set complet avec un public qui leur est dédié.

En ce 23 novembre, la première partie est assurée par John, un duo guitare/batterie chargé de mettre le public en appétit. Le rock énergique et franc dégagé par les deux John remplit parfaitement sa mission : ça bouge dans les rangs, débuts de sueur mais on se ménage pour la suite.

 

Le set d’Idles démarre par une triplette qui met tout le monde d’accord : « Colossus », « Never fight a Man with a Perm » et « Mother ». Comme d’habitude, Joe Talbot (le chanteur) joue le frontman aux pieds de béton armé pendant que les guitaristes se transforment en hommes-caoutchouc.

Le reste de  la setlist ne sera que successions de boulets de canon. « Danny Nedelko » est repris en choeur pendant que la fosse rebondit. Pendant « Samaritains », au moment de la phrase « I kissed a boy and I like it », deux mecs du public investissent la scène pour se livrer à un baiser d’anthologie avant de procéder à un stage diving sur un public qui n’est que cris de joie.

Tout au long du concert, Talbot glisse quelques mots sur le Brexit, l’aide aux migrants et sur le fait qu’Anglais et Français sont liés même si ces derniers ont des défauts 🙂 On a même entendu un petit tacle à destination des Sleaford Mods. De son côté, Mark Bowen, guitariste élastique, lâche la guitare pour se faire une petite randonnée sur le public.

Plus tard dans le set, les deux guitaristes cèdent leurs instruments à deux personnes du public chargées de répéter un accord pendant que la scène est prise d’assaut par plusieurs dizaines d’envahisseurs venus de la fosse.

Le show se termine sur « Cry to Me » et sur le puissant « Rottweiler ». Peu à peu les musiciens quittent la scène, laissant les deux guitaristes s’affronter, à genoux, dans un duel de saturation jusqu’à épuisement total.

J’ai rarement vu une énergie aussi brute et communicative alliée à un vrai propos, le tout joué par des mecs simples et francs, qui prennent un réel plaisir à jouer ensemble. Tenez-le-vous pour dit, Idles vient de sortir un album d’une rare intensité et montre partout où il passe qu’il est aujourd’hui le meilleur groupe du monde. C’est tout.

Instant technique : Les photos ont été prises avec un Nikon F80 (35 et 85mm) sur du film Ilford HP5+ poussé à 1600 ISO (développé dans du LC29).

By | 2019-01-18T12:32:10+00:00 janvier 15th, 2019|Concerts|0 commentaires

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Charles, 37 ans, basé à Lyon. Plutôt argentique, plutôt rock, plutôt bière. http://www.charlesfaitdelaphoto.com/

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