Une soirée au Festival Hors-Pistes avec Trupa Trupa, White Wine et Wire

Une soirée au Festival Hors-Pistes avec Trupa Trupa, White Wine et Wire

Vendredi dernier, j’ai pu assister à une soirée du Festival Hors-Pistes qui se déroulait à Annecy (du 7 au 11 février). Ce jour-là, la scène du Brise-Glace accueillait Trupa Trupa (groupe dont l’ami Renan a tiré le portrait à Rennes quelques jours plus tôt), White Wine et Wire. Mais avant de se plonger dans cette soirée, déroulons le programme dans l’ordre chronologique, en commençant par la fin d’après-midi.

 

18h30 : Chevalrex à la médiathèque Bonlieu

Dès mon arrivée à Annecy, les hostilités débutent avec le concert de Chevalrex à la bibliothèque de la ville. Normalement Chevalrex est l’alias d’un seul homme, Rémi Poncet, mais cette fois-ci, trois musiciens accompagnent le chanteur-guitariste. Il nous prévient d’ailleurs que c’est la première fois qu’ils se produisent sous la forme d’un quartet.

Les compositions gagnent en ampleur sonore mais, à mon sens, on perd ce côté « bric-à-brac de petits instruments sortis de nulle part » qui fait l’originalité du bonhomme. Il faut que mon oreille s’habitue à ces nouvelles orchestrations des pépites sonores que sont Le désert commence là ou Aussi loin. Malheureusement, je n’aurais pas trop le temps d’en profiter puisqu’il faut filer au haras où Raoul Vignal débute à 19h pétantes.

 

19h : Raoul Vignal au haras

Après la pop de Chevalrex, passons à la folk chevaleresque de Raoul Vignal qui joue dans le manège du haras d’Annecy (oui le cheval règne en maître ici). Pour cette date, l’artiste lyonnais se produit sous la forme d’un trio avec un batteur et un contrebassiste. La folk de Raoul, plutôt délicate et intimiste, contraste complètement avec le lieu, un immense bâtiment en pierres, et l’ambiance. Les gens sont plutôt là pour discuter et partager des grandes assiettes de paella, dont le parfum emplit la salle. Bref, ce n’est pas le meilleur cadre pour profiter d’une folk boisée qui se savoure plutôt devant un feu de cheminée avec un verre de bon vin. Il faut ajouter que Raoul Vignal a sorti son dernier album chez Talitres, label ancré au milieu du vignoble bordelais. Cela prouve que cette folk mérite une dégustation attentive, digne d’un bon millésime.

Une fois que le trio a quitté la scène, changement d’ambiance avec le Tous en Tong DJ Crew (qui organise aussi des super concerts sur Lyon) chargé de faire danser le public pour continuer l’apéritif dînatoire. Malheureusement, je n’aurai pas trop le temps d’en profiter puisqu’il faut dîner et prendre la direction du Brise-Glace où Trupa Trupa démarre à 21h pétantes.

 

21h : Trupa Trupa, White Wine et Wire au Brise-Glace

Les Polonais de Trupa Trupa ouvrent le bal avec leur rock énergique dans des torrents de lave noire, le tout avec un son énorme. Même si certains Bretons sont sceptiques vis-à-vis du groupe, ici en Haute-Savoie, Trupa Trupa lâche les chevaux (oui encore) et déploie toute la puissance de ses compositions. On passe de la fausse nonchalance d’un morceau comme Coffin à la tranquillité hypnotique de Leave It All où le chanteur nous invite à courir, courir, courir et tout laisser derrière nous. Le mur du son est définitivement franchi avec To Me, avalanche de basse bourdonnante, de batterie déroutante et de bourrasques de guitares fantomatiques. En voyant la guitare de Rafal, bricolée à partir d’un jerrycan d’essence, on sait qu’on est définitivement dans une ambiance post-apocalyptique.

Après les Polonais, place aux Allemands de White Wine. Le projet de Joe Haege s’est muté en trio avec l’arrivée de Fritz aux claviers/basson et Christian à la batterie. Ici il n’est pas question d’un Bordeaux aux saveurs boisées, le vin blanc est sec, minéral dès les premières notes de Tiger Stripe Wishlist. Le basson démarre tranquillement puis Joe surgit au milieu du public, entonnant le premier couplet en circulant dans le public pendant que la batterie martèle le rythme. En quelques mesures, White Wine pose sa puissance et le reste du show sera à la hauteur de cette entrée en matière. Entre le dansant Where Is My Line  et le glacial Killer Brilliance, on passe par toutes les ambiances. Le groupe utilise plein de petites trouvailles pour varier les mises en scène accompagnant les morceaux. Ici, un kakémono avec un trou pour y passer la tête, là un numéro de magicien à base de foulards qu’on tire d’une manche. Sans oublier le petit couloir de diodes déroulé au milieu du public pour pouvoir venir y danser sous le feu d’un projecteur. Show parfait de bout en bout, fait avec une franche générosité.

 

Après ce concert tonique, il ne restait plus à Wire que d’enfoncer le clou. Si le son des anglais reste puissant, notamment avec une basse qui balance des uppercuts continus, côté présence scénique, nous sommes aux antipodes du show précédent. L’ensemble des musiciens reste statique, la setlist faisant la part belle aux morceaux du dernier album (An Alibi, Diamonds In Cup, This Time…) dont le tempo est plutôt tranquille. Wire enchaîne les morceaux avec un flegme inaltérable jusqu’à leur départ de la scène.

Quelques minutes après, ils reviennent pour un rappel. Malheureusement, je n’aurai pas trop le temps d’en profiter puisqu’il faut rentrer sur Lyon à vitesse réduite pour cause de chutes de neige. Ce n’est pas le moment de faire du hors-piste.

Merci à Pierrick du Brise-Glace, à Soyouz et à l’ensemble de ceux qui ont joué durant cette journée, en espérant pouvoir rester plus longtemps pour la prochaine édition.

Instant technique : Les photos ont été prises avec un Nikon F100 (35 et 85 mm) et un Hasseblad 500 C/M (80 mm) sur des films Ilford HP5+ (poussé à 1600 et développé dans du LC29 à 1+9) et Delta 400 (poussé à 1600 et développé dans du DDX à 1+4).

 

By | 2018-02-16T18:05:06+00:00 février 16th, 2018|Concerts|0 commentaires

About the Author:

Charles, 37 ans, basé à Lyon. Plutôt argentique, plutôt rock, plutôt bière. http://www.charlesfaitdelaphoto.com/

Laisser un commentaire