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Clutch est trop souvent injustement relégué dans la catégorie Stoner. Si le groupe lorgne effectivement souvent vers ce style, cette étiquette omet cependant de mentionner les aspects funky et groovy de leur musique. Heureusement, leur public, lui, ne s’y trompe pas. Une de mes connaissances, j’ai malheureusement oublié qui, m’a dit un jour : « Clutch fait partie de ces groupes qui ont très peu de fans, mais dont les fans les suivrait n’importe où ».  Ce concert complet au Nouveau Casino sera une nouvelle occasion de le prouver.

Clutch au Nouveau Casino - 06

L’ éclectisme du public est impressionnant : on croise dans la fosse autant de gros bikers que de jeunes métalleux, de petites nanas classy, ou encore de vieux papys qui ont passé les 75 ans avec le pantalon sous les aisselles. Après un DJ Set qui peine à se rendre intéressant en guise de premier partie, tout ce petit monde commencera joyeusement à se foutre sur la gueule au son de l’énorme Sea Of Destruction qui ouvre le set de ClutchComme à chacun de leurs concerts, le bordel dans la fosse est indescriptible et je manque de me péter l’arcade sourcilière chaque fois que je place mon œil dans le viseur de mon boîtier. Mais un concert de Clutch ne se vit que de cette façon : dans la sueur et l’énergie. Et cette énergie, ou la retrouve sur scène avec Neil Fallon (chant), qui arpente la scène de long en large et joue avec son public en permanence, comme à son habitude. Si Tim Sult (guitare), Dan Maines (basse) et Jean-Paul Gaster (batterie) sont toujours plus en retrait et très discrets, ce n’est que pour assurer un set impeccable et monstrueux de puissance.

Clutch au Nouveau Casino - 03

La setlist fait la part belle au dernier album, avec pas moins de 7 titres joués.  L’album est clairement déjà assimilé et appris par cœur par leurs fans, dont la ferveur ne perd pas une once d’intensité tout au long du show. Mais c’est clairement sur les titres de Blast Tyrant, leur album certainement le plus apprécié, que le déchaînement est le plus violent. Il suffit au groupe de balancer les premières notes des monstrueuses The Mob Goes Wild, Cypress Grove ou encore  The Regulator pour que l’apocalypse prenne place dans la salle.

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Mais si la puissance reste le maître mot du concert, le groupe se permet volontiers de se lancer dans d’incroyables passages groovy, où la section rythmique montre encore une fois sa solidité. Le batteur Jean-Paul Gaster est clairement un monstre, et il nous gratifiera d’un solo qui, pour une fois dans l’histoire des solos de batterie, n’a rien de chiant.  Nous aurons même droit à une pause acoustique avec la sublime Gone Cold. Après un court rappel et 1h30 de show, le groupe quitte la scène, nous laissant complètement rincés et abrutis. Les concerts de Clutch se suivent, se ressemblent, et c’est tant mieux, car c’est à chaque fois aussi génial.

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Galerie :

Les photos ont toutes été prises avec un Nikon F80, un Nikkor 24 mm f/2.8 et un Nikkor 50 mm f/1.8. La seule et unique pellicule utilisée est une Tmax 400 poussée à 3200 dans du révélateur Tmax à 24°C.

La setlist :

Merci à Nous Productions pour l’accréditation.

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