Chasse, pêche, nature et traditions, le Festival Invisible 2018

Chasse, pêche, nature et traditions, le Festival Invisible 2018

Comme chaque fois depuis quelques années maintenant, 13 exactement, Le Festival Invisible est de retour en novembre. Toutes les soirées ou presque ont lieu à Brest, sauf le Before, qui avait lieu cette année à Saint Eloy dans le Café chantier. Et comme chaque année c’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir de bonnes choses. Maëlle et Arnaud Le Gouefflec arrivent toujours à concocter un savant mélange de musiques barrées en tous sens.

Maëlle et Arnaud Le Gouefflec.

Trois soirées principales prenaient place dans la Carène, la soirée chasse, le lendemain pêche, et le dimanche celle de nature et tradition. Ce qui résume un peu l’état d’esprit du festival, un peu loufoque. Je n’ai malheureusement pu faire que deux soirées sur les huit prévues par le festival. Mal m’en a pris, car je louperais donc Thurston Moore (Sonic Youth) qui avait la riche idée de partager la scène avec Chris Brokaw (Come, Codeine etc…) , ce qui devait être bien bon. Je ne verrais pas non plus Thomas Poli un des Rennais du festival, Chycaloyoh non plus. Mais je peux assister à l’exposition d’Odette Picaud dans le Hall de la carène.

exposition Odette Picaud.

Soirée Chasse 

J’arrive le vendredi soir avec une soirée chasse ? Je m’attendais un peu en arrivant à tomber sur des chasseurs du cru qui avec leurs treillis, leur fusil sur l’épaule seraient venus se dégourdir les esgourdes à coup de musique expérimentale et de krautrock bien foutu avec The Wild Classical Music Ensemble formé par Damien Magnette (batterie) et des handicapés mentaux. Ce fut un superbe concert, tant par la spontanéité du groupe, que la musique en elle même. Très beau et bon moment, partagé par un public venu en nombre et conquis par ce groupe qui en plus de jouer bien et des choses bien pointues était vraiment émouvant.

The Wild Classical Music Ensemble.

Les chasseurs et leurs joues rosies par le mauvais vin rouge du dimanche matin auraient sans doute laissé partir le pauvre lapin en assistant au concert fou de Usé. Le projet solo de Nicolas belvalette (Headwar) est assez dur à retranscrire quand il est sur scène, pour ceux qui ont écouté ses disques, ils peuvent être un peu surpris par le mélange techno, electro, batterie, et chants barrés et surtout l’énergie que déploie le musicien sur scène. Derrière sa batterie et un peu partout ailleurs il se déchaine à coup percussions et de sons sur lesquels il donne de la voix. Un moment très surprenant, une chouette et énergique découverte sur scène, je ne connaissais que la version album de sa musique.

Usé.

Peut-être ces mêmes chasseurs, le mégot aux lèvres et la casquette camouflage bien relevée ne comprendront pas tout ce que raconte le groupe suivant, ils chercheront peut-être aussi le fameux Singe Blanc qui donne le nom au groupe, en pure perte. Comme à chaque fois que j’ai pu les voir, le Singe blanc, ses deux bassistes et son batteur s’en donne à cœur joie dans une musique pour le coup très rythmée, et donnant dans pas mal de style différent comme le métal, le punk ou encore un funk blanc, avec des cris et des onomatopées qui leur appartiennent.


Le Singe Blanc.

Si certains chasseurs ne sont pas rentrés chez eux avec leurs chiens et leurs voitures tout terrain, ils pourront découvrir Hyperculte. Le duo composé de Simone Aubert (Massicot) à la batterie, et Vincent Bertholet (échappé de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp) à la contrebasse et un peu de guitare aussi, joue une musique répétitive. Une batterie millimétrée et une contrebasse jouée à l’archet ou plus classiquement, vous rajoutez des boucles et un chant en français et vous avez de quoi passer un chouette moment avec des montées et des descentes calibrées.

Hyperculte.

 

Soirée Pêche.

Le samedi soir pour la pèche donc, je m’attends en revenant à la carène à croiser des types avec leurs petites chaises portables, des cannes à pêche ainsi que la petite bouteille de muscadet tout juste sortie de l’eau ou elle rafraichissait. Mais ils auraient été déçus par le groupe qui ouvrait la soirée, qui s’adressait plutôt aux chasseurs du soir précédent. Jorge Bernstein & The PiouPioufuckers, accompagnés de Kim avec qui ils ont réalisé leur dernier album, étaient là pour le défendre. Habitués du festival, Jorge Bernstein & The PPF joueront à leur habitude un garage rock super bien foutu, mais avec l’arrivée de Kim, une certaine violence s’est emparée de la musique du groupe ce qui bouleverse un peu les codes. Les pêcheurs dans la salle seront sans doute surpris d’entendre un black métal de bonne facture entre les morceaux de garage plus classique. Un très chouette moment comme à chaque concert de Jorge Bernstein & The PPF et leurs nombreux invités.


Jorge Bernstein & The Pioupioufuckers, & Kim

Les cannes à pêche posées contre le mur, les cuissardes ouvertes, les bretelles tombantes ils assisteront au concert de Gratuit que je louperais.

Les pêcheurs après avoir éclusés quelques godets de muscadet, parce que ce n’est pas tout hein, il commence à ne plus être frais. Ils pourront assister à un curieux mélange avec Xylouris White, le duo composé du batteur australien Jim White et du crétois Georgios Xylouris et son luth. Entre musique traditionnelle et jazz, le duo nous emporte loin, et avec une joie non dissimulée.

Xylouris White.

Les plus vieux pêcheurs pourront aussi se remémorer comme moi les concerts du groupe suivant il y a un paquet d’années. Les Married Monk, groupe très très sous-estimé des années 90/2000, joue une très belle pop folk. Le dernier album, beaucoup plus électro que les précédents donne un souffle nouveau sur scène, un groupe qui vieillit très bien, et qui à encore un paquet de choses à nous faire aimer, le concert fut superbe.

The Married Monk.

Le Rennais Olivier Mellano, lui n’a pas peur des pêcheurs, et eux n’ont pas besoin de l’appâter pour le faire traverser la Bretagne, venu en public et s’étant fait bien plaisir devant les réjouissances de la soirée chasse, Olivier est venu avec Valentina Magaletti à la batterie et Suzie Levoid à la basse, c’est toujours un rock noise tendu et poétique à la fois que nous livre le Mellanoisescape, sur scène. Toujours un plaisir à voir et à entendre, et de plus partagé par le chanteur compositeur toujours content d’être sur scène et content de faire plaisir à un public, dont je fais régulièrement partie.


Mellanoisecape.

 

Les soirées à la carène pour le Festival Invisible sont parsemées de morceaux bien envoyés par le DJ résident Claude Madame, toujours de bon goût, toujours discret mais qui arrive à mélanger les musiques les plus fines et les raretés qui vont bien avec l’esprit de chaque soirée.

DJ Claude Madame.

Un grand merci à Maëlle et Arnaud Le Gouefflec et à tous les autres membres du Festival Invisible, merci à Claire Choisy pour son aide, et merci à l’équipe de la carène, et évidemment à tous les artistes. Merci aussi à Rémy Talec, et à Fréquence Mutine pour leur interviews et je ne parle pas de la mienne !

Quelques portraits des artistes durant le festival :

Xylouris White.

Usé.

Rotor Jambreks.

Olivier Mellano.

Le Singe Blanc.

 

Ropoporose.

 

Rémy Talec.

 

Les photos de concert ont été prises avec un Nikon F100 sur de la Kodak Tmax 400 et développée à 3200 isos par mes soins, les portraits ont été réalisés avec un Leica M7 sur de la Kodak Trix et développée par mes soins de même.

Toutes les Photos :

 

By | 2018-11-25T18:40:32+00:00 novembre 25th, 2018|Concerts, Portraits|0 commentaires

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